Jessye Ella Ekogha, Lambert Noël Matha, Anne Nkene Biyo’o, Danielle Obono, Mgr Jean-Patrick Iba-Bâ, Jean Ping… Les tops et les flops cette semaine au Gabon

Le porte-parole de la Présidence de la République, Jessye Ella Ekogha © DR

Qui s’est positivement distingué cette semaine au Gabon ? Qui s’est, à l’inverse, négativement illustré ? Nous avons sondé une trentaine de personnalités de toutes sensibilités, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays. Voici leur réponse. 

LES TOPS 

Jessye Ella Ekogha. Ce vendredi, lors de sa traditionnelle conférence de presse (lire notre article), le porte-parole de la Présidence n’a pas hésité à fustiger l’attitude de ceux qui pressent pour lever brutalement les mesures barrières au risque de faire repartir l’épidémie de Covid-19 que les autorités gabonaises ont jusqu’à présent réussi à juguler. Dans son viseur, l’archevêque de Libreville mais surtout l’opposition qui jette de l’huile sur le feu. Connu pour son sens de la formule, Jessye Ella Ekogha l’a qualifiée de « populiste » (lire notre article). Lors de cette même conférence de presse, le porte-parole de la Présidence a, sur un tout autre sujet, la dette intérieure, donné une information importante. Sur les 559 milliards de FCFA déjà audités, pas moins de 370 ont été déclarés injustifiés. Le ratio de dettes fictives est tel que cela donne à penser que l’on pourrait être en présence d’un vaste système de détournement de deniers publics. M. Ella Ekogha a d’ailleurs indiqué que des suites judiciaires pourraient être données à cette affaire qui prend de plus en plus des atours de scandale (lire notre article).

Lambert Noël Matha. Face à l’empressement de l’archevêque de Libreville, Mgr Iba-Bâ de rouvrir à la hâte les églises alors que celles-ci pourront l’être légalement dans seulement quelques jours (lire notre article), le ministre de l’Intérieur n’a pas cédé, faisant preuve de fermeté et d’autorité. « Il ne s’agit pas d’entraver la liberté de Culte mais de protéger la vie de dizaines, voire de centaines de Gabonais », a déclaré le ministre, rappelant qu’à l’étranger, l’épidémie de Covid-19 était souvent partie ou repartie du fait de clusters formés lors de rassemblements religieux (lire notamment cet article).

Anne Nkene Biyo’o, épouse Souguemam Nguemah. Cette semaine, la Zone économique à régime privilégié (ZERP) de Nkok, dont elle est depuis le mois de juillet 2020 l’administrateur général a reçu le prix le prix de « Global Free Zone of the Year » dans la catégorie « Produits du bois » pour l’année 2020. Une sacrée consécration pour cette ZES, lancée en 2012 à l’initiative du président Ali Bongo Ondibma, attribuée par le FDI Magazine, considéré comme la publication mondiale de référence en matière de classement des zones franches, en partenariat avec le Financial Time (lire notre article).

LES FLOPS

Danielle Obono. Depuis l’assassinat particulièrement barbare du professeur Samuel Paty qui a ému la France entière, la députée de La France Insoumise, est régulièrement pointée du doigt comme faisant partie de ceux qui, par complaisance idéologique ou « complicité intellectuelle » comme le dit le ministre français de l’Education nationale (lire notre article), ont fait le lit de l’islamisme. Un courant qui, à l’instar de l’indigénisme dont Danielle Obono est l’une des principales tenantes en France, prône la haine de la France et de ses institutions (lire nos articles ici et ici).

Mgr Jean-Patrick Iba-Bâ. L’archevêque de Libreville a tenté de mener un combat, jugé inutile et incompréhensible aux yeux d’une grande majorité de Gabonais, en faveur de l’ouverture anticipée – de quelques jours seulement par rapport à ce qui était prévu par le gouvernement – des églises dans le pays. Mais il s’est heurté à la réprobation du Vatican (lire nos articles ici et ici) et à la fermeté du ministre de l’Intérieur, Lambert-Noël Matha, qui a tenu bon face à la pression, faisant passer l’impératif sanitaire avant tout autre considération (voir supra).

Jean Ping. Mauvaise semaine pour l’ex-leader de l’opposition. Il a non seulement tenté, en vain, d’instrumentaliser les tensions entre l’archevêque de Libreville et les autorités gabonaises (lire notre article). Une attitude « opportuniste » et « populiste », fustigée par le porte-parole de la Présidence de la République (voir supra). Surtout, il vient de perdre son dernier levier d’influence à l’international (lire notre article). La France Insoumise, parti d’extrême-gauche, qui lui servait de courroie de transmission auprès des autorités françaises, est aujourd’hui totalement discrédité pour avoir fait des années durant le lit de l’islamisme, comme l’ont dénoncé toute cette semaine les proches du président Emmanuel Macron (lire nos articles ici et ici), ainsi qu’un très grand nombre de responsables politiques ou d’intellectuels français (lire notre article).