
Qui s’est positivement distingué cette semaine au Gabon ? Qui s’est, à l’inverse, négativement illustré ? Nous avons sondé une trentaine de personnalités de toutes sensibilités, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays. Voici leur réponse.
LES TOPS
Sylvia Bongo Ondimba. Rendu public cette semaine, « le nouveau rapport Les femmes, l’entreprise et le droit de la Banque mondiale met en lumière les avancées historiques du Gabon en 2021 », s’est réjouie sur son compte Twitter la première dame. Il faut dire que ce résultat doit beaucoup à l’implication de sa Fondation, auteur d’un rapport remarqué remis au Président de la République Ali Bongo Ondimba en septembre 2020 qui a servi de support aux réformes sans précédent des Codes civil, pénal et du travail votées au premier semestre 2021 par le Parlement gabonais (lire notre article). De quoi conforter un peu plus la position du Gabon considéré comme l’un des trois pays en Afrique subsaharienne, aux côtés de l’Ethiopie et du Rwanda, qui promeut le plus l’égalité des genres.
Jean Eyeghe Ndong. Lors du Conseil des ministres ce vendredi, l’ancien premier ministre, considéré comme le plus proche lieutenant de Jean Ping, a été nommé Haut-commissaire de la République (lire notre article). Il ne faut pas chercher plus loin la raison pour laquelle l’ex-leader de l’opposition, muré jusqu’ici dans un assourdissant silence, a relancé de manière totalement anachronique (quelques jours seulement après le Sommet UE-UA marqué par la participation très réussi d’Ali Bongo Ondimba) le thème de la vacance du pouvoir présidentiel et tenu des propos tapageurs sur la chaine France 24 (lire ci-dessous), appelant implicitement au « coup d’Etat » et à « l’insurrection populaire ». Le chant du cygne sans doute de la part de celui qui est politiquement en perte de vitesse. Dans son communiqué vendredi, le Parti démocratique gabonais (PDG, majoritaire), a expliqué l’acrimonie de Ping par « le traumatisme provoqué par le départ successif de ses principaux soutiens politiques » (lire notre article). Il n’y a pas meilleure explication.
Pierre-Emerick Aubameyang. Recruté en tant qu’agent libre en décembre par le FC Barcelone, l’attaquant gabonais, qui est engagé avec le club catalan jusqu’en 2025, flambe sous ses nouvelles couleurs. Il compte déjà 5 réalisations à son compteur en seulement 6 matchs. Le joueur, pisté entre autres par le Paris Saint-Germain, ne cache pas son bonheur après avoir connu des mois difficiles à Arsenal. « Je suis un homme très heureux. Très content d’être ici. Ça se passe bien et j’espère que ça va continuer ainsi. Je suis chez moi ici. Je suis Espagnol du côté de ma mère. J’ai toujours rêvé de jouer ici en Espagne […] Je prends énormément de plaisir et je pense que ça se voit. J’ai le sourire aux lèvres tous les jours », a confié cette semaine le capitaine des Panthères au quotidien sportif espagnol Marca.
LES FLOPS
Jean Rémy Yama. Interpellé dimanche 27 février et interrogé dans les bureaux des renseignements militaires, le président de Dynamique unitaire, la plus grande coalition syndicale du pays, a depuis été placé en détention. Il est accusé d’abus de confiance dans une affaire de construction de logements pour enseignants. Quatre d’entre eux ont porté plainte contre lui alors qu’il gérait la société immobilière, la SCI Serpentin, chargé du projet. Aussitôt, ses soutiens traditionnels (syndicats, ONG, partis d’opposition, mais aussi les chaines du service public français qui font écho de manière disproportionnée à cette affaire [voir en particulier la couverture qu’en fait RFI]) ont poussé des cris d’Orfraie, dénonçant une justice politisée (sans égard, aucun, au passage, pour les victimes…). Des tentatives de pression qui n’auront aucun effet sur la Justice gabonaise. « Si M. Yama n’est pas au-dessous des lois, il n’est pas au-dessus des lois non plus. La justice doit passer et elle passera. Dans un sens ou dans un autre. C’est à elle de trancher. Pas aux réseaux sociaux ou à je-ne-sais-quel héraut », prévient une source judiciaire.
France 24. Invité lundi par le journaliste Marc Perelman, l’opposant en perte de vitesse Jean Ping, mais qui continue de jouir d’un fort capital sympathie auprès des chaines du service public français, a tenu sur France 24 des propos particulièrement choquants, qui auraient été considérés comme inadmissibles partout ailleurs, évoquant implicitement la possibilité d’un « coup d’Etat » et explicitement le risque d’une « guerre civile ». Heureusement, il y a loin entre les propos de l’ex-leader de l’opposition et la réalité. Il n’empêche, comme l’a rappelé à juste titre le gouvernement dans un communiqué mercredi, « les propos de M. Jean Ping soulèvent (…) la responsabilité morale de France 24 en tant que diffuseur ». En effet, « l’appel au coup d’Etat et à la guerre civile ne relève, pas plus que de la liberté d’expression, du droit à l’information mais bel et bien d’une opération de déstabilisation », a déclaré la porte-parole du gouvernement, Madeleine Berre (lire notre article). Selon nos informations, la Haute autorité de la communication (HAC) se serait auto-saisie du dossier.
Laurence Ndong. Pour tenter, au moment où la Russie s’attire l’opprobre de la communauté internationale après avoir envahi l’Ukraine, de faire oublier son admiration pour le président russe Vladimir Poutine dont elle a chanté les louanges lors du Sommet Russie-Afrique de Sotchi en octobre 2019 (lire notre article et la réaction de l’essayiste Marc Mve Bekale), l’activiste gabonaise, proche de Jean Ping, a polémiqué cette semaine s les réseaux sociaux au sujet du rapatriement des étudiants gabonais en Ukraine. Un stratagème de communication bien connu : il s’agit de créer une affaire dans l’affaire pour provoquer un contrefeu et faire diversion. Manque de chance, le gouvernement avait fait diligence à ce sujet. Le gouvernement gabonais est l’un des rares en Afrique à avoir très tôt mobilisé son appareil diplomatique pour rapatrier ses ressortissants au pays (lire notre article). Plutôt que de se contenter de déplorer comme l’a fait l’UA, il est toujours préférable d’agir. C’est ainsi que l’Afrique et les Africains se feront respecter.







