Féfé Onanga, Marcos Poplawski-Ribeiro, Chimène Ayito, Jean Ping, Sylvain Ombindha Talheywa III, Guy Nzouba-Ndama… Les tops et les flops cette semaine au Gabon

Opposant irréductible, Féfé Onanga vient de tourner le dos à Jean Ping pour rejoindre la majorité présidentielle © DR

Qui s’est positivement distingué cette semaine au Gabon ? Qui s’est, à l’inverse, négativement illustré ? Nous avons sondé une trentaine de personnalités de toutes sensibilités, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays. Voici leur réponse.

LES TOPS 

Féfé Onanga. Lors d’une conférence de presse vendredi, le président du Mouvement populaire des radicaux (MPR) a annoncé qu’il quittait l’opposition avec armes et bagages pour rejoindre la majorité présidentielle. Il souhaite « être constructif » et « apporter (s)a contribution à la construction de la démocratie gabonaise et à l’amélioration des conditions des vies des populations » (lire notre article). Le départ de ce fervent et irréductible soutien de Jean Ping, qui incarnait jusque-là l’aile la plus radicale de l’opposition, est un coup très dur pour le leader de la CNR qui voit ses principaux partisans le quitter un à un à deux ans de la présidentielle (voir infra).

Marcos Poplawski-Ribeiro. Trois jours seulement après l’officialisation d’un nouveau prêt triennal (portant sur la période 2021 à 2023) d’un montant de 320 milliards de francs CFA accordé au Gabon par le FMI, son représentant-résidant dans le pays s’est entretenu lundi avec le président Ali Bongo Ondimba. Il n’a pas tari d’éloges sur la qualité de la riposte mise en œuvre par Libreville tant sur le plan sanitaire qu’économique à l’occasion de la crise liée à la pandémie de Covid-19. Une bonne appréciation qui a incité le FMI à réitérer sa confiance au Gabon (lire notre article).

Chimène AyitoDirigé depuis sa création par Edgard Mfouba, le fonds Okoumé Capital, filiale du Fonds gabonais d’investissements stratégiques (FGIS) dédiée au financement et à l’accompagnement des PME gabonaises, a changé de patron. Il est désormais dirigé par Chimène Ayito, ancienne directrice tax & legal et quality risk leader au sein du prestigieux cabinet international Deloitte, qui a pris ses fonctions cette semaine. Une nomination qui vient conforter le statut de leader continental du Gabon en matière de présence des femmes aux plus hauts postes à responsabilité (lire notre article).

LES FLOPS

Jean Ping. Le leader de la CNR et ex-chef de file de l’opposition voit ses partisans lui tourner le dos un à un. Ces derniers mois, René Ndemozo’o Obiang, Frédéric Massavala Maboumba et bien d’autres, qui tous l’avaient soutenu en 2016, se sont ralliés à la majorité. Cette semaine, c’est Féfé Onanga qui leur a emboité le pas (voir supra). Le prochain pourrait être l’ex-premier ministre Jean Eyeghe Ndong (lire notre article). De très mauvais augure pour Jean Ping à deux ans de la présidentielle de 2023.

Sylvain Ombindha Talheywa III. Engagé dans un interminable bras de fer avec le gouvernement, la Fédération des collecteurs des régies financières (Fecorefi), dont il est le président, vient d’annoncer la tenue d’une assemblée générale le 11 août prochain. L’ensemble des agents des Douanes, Impôts, Hydrocarbures et Trésor, y sont invités afin notamment de « dire NON au mépris du gouvernement ». Reste que l’attitude de ce syndicat est diversement apprécié par l’opinion publique qui perçoit ses membres comme « des enfants gâtés jamais satisfaits ». Les fonctionnaires des régies financières sont, il est vrai, parmi les mieux payés au Gabon.

Guy Nzouba-Ndama. Vieillissant, le président des Démocrates voit son leadership de plus en plus contesté au sein de son propre parti. Parmi les dix députés que celui-ci compte à l’Assemblée nationale, une majorité verrait d’un bon œil une transmission de témoin avant 2023 au profit du président du groupe parlementaire Les Démocrates, Séraphin Akure-Davain. Sûr de sa bonne étoile et de son destin, ce dernier mène depuis plusieurs mois une discrète campagne en ce sens (lire notre article).