
Qui s’est positivement distingué cette semaine au Gabon ? Qui s’est, à l’inverse, négativement illustré ? Nous avons sondé une trentaine de personnalités de toutes sensibilités, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays. Voici leur réponse.
LES TOPS
Sylvia Bongo Ondimba. Grâce à l’intervention personnelle de la première dame, les handi-athlètes gabonais ont pu se rendre à Tokyo pour participer aux Jeux paralympiques comme le relate Voice of Africa dans un article publié cette semaine (lire l’article). Celle qui détonne dans le milieu très feutré des premières dames africaines et multiplie dans la plus grande discrétion les gestes de générosité à l’égard des plus nécessiteux a, cette-fois-ci encore, pallié les insuffisances de l’Etat (lire notre article).
Noureddin Bongo Valentin. Le département d’Etat des États-Unis, équivalent du ministère des Affaires étrangères, que dirige Antony Blinken, a rendu public son rapport annuel sur le niveau de transparence budgétaire des pays africains. Le Gabon y fait un bon spectaculaire, intégrant pour la première fois la catégorie des pays dont les « progrès » sont « significatifs », autrement dit à la fois tangibles et rapides. Selon les auteurs de ce classement, ces progrès sont à mettre à l’actif des autorités gabonaises « depuis deux ans et demi ». Un timing qui correspond à la reprise en main fin 2019 par le président Ali Bongo Ondimba de son cabinet dont l’homme fort est le coordinateur général des affaires présidentielles, Noureddin Bongo Valentin qui supervise l’ensemble des questions financières et budgétaires (lire notre article).
Gisèle Itoumba. Vendredi, cette comptable de formation et membre du Parti démocratique gabonais (PDG), âgée de 48 ans, a été élue maire de la commune de Ndendé, chef-lieu du département de la Dola dans la province de la Ngounié par 100 % des voix (15 voix sur 15 votants). Elle succède à un personnage haut-en-couleur, Charles Batsielili Idoudou, un proche de l’ex-ADG de la GOC, Christian Patrichi Tanasa, mis en cause par la Justice dans de nombreuses affaires (lire notre article). L’élection de Gisèle Itoumba montre que la parité (présence des femmes aux plus hautes fonctions publiques) constitue bien une lame de fond qui déferle dans tout le pays, bien au-delà la capitale Libreville (lire notre article).
LES FLOPS
Alexandre Barro Chambrier. En pré-campagne électorale dans la perspective de la présidentielle de 2023, le président du RPM a reçu, selon le propre aveu de son entourage, un « accueil confidentiel ». Un euphémisme pour dire que les rencontres organisés avec la population n’ont attiré qu’un faible nombre de personnes dans ce bastion de la majorité. Pour tenter de sauver les apparences, l’équipe de communicants entourant Barro Chambrier a entrepris de monter en épingle, avec la complaisance de quelques médias diffusant des publi-reportages stipendiés, des « incidents » qui se seraient déroulés à Okondja. En réalité, il s’agissait de quelques jeunes qui, dans une ambiance bon enfant, ont scandé des slogans favorables au président Ali Bongo Ondimba à proximité du lieu où devait se tenir une rencontre entre le président du RPM et les habitants. C’est ce qu’on appelle en communication politique « allumer un contrefeu », autrement dit faire diversion ou (lire notre article).
Jean Robert Menie. Le président du Syndicat libre des transporteurs terrestres du Gabon (Syltteg) a annoncé le weekend dernier sa candidature à l’élection présidentielle de 2023, la justifiant par « la situation chaotique dans laquelle se trouve(rait) notre pays aujourd’hui ». Au-delà du caractère excessif du propos, cette décision illustre la profonde confusion qui existe dans l’esprit de nombre de responsables syndicaux gabonais entre activités syndicales et politiques. Une dérive illustrée jusqu’à la caricature par des personnalités comme Jean Rémy Yama (Dynamique Unitaire) ou Marcel Libama (Conasysed), largement considérées comme des chevaux de Troie de l’opposition.







