Noureddin Bongo Valentin, Casimir Oyé Mba, Marcos Pawlowski-Ribeiro, Fridolin Mve Messa, Vincent de Paul Massassa, Gabon Review… Les tops et les flops cette semaine au Gabon

Le représentant du FMI au Gabon, Marcos Poplawski-Ribeiro, le 15 septembre 2021 à Libreville durant son entretien avec Rose Christiane Ossouka Raponda © DR

Qui s’est positivement distingué cette semaine au Gabon ? Qui s’est, à l’inverse, négativement illustré ? Nous avons sondé une trentaine de personnalités de toutes sensibilités, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays. Voici leur réponse.

LES TOPS 

Noureddin Bongo Valentin. Lundi 13 septembre au soir, la nouvelle a fait l’effet d’une bombe. Dans le compte-rendu final du Conseil des ministres qui s’est tenu le même jour, les Gabonais ont appris le départ du coordinateur général des affaires présidentielles de la Présidence de la République. Dans une lettre ouverte publiée quelques minutes plus tard sur ses réseaux sociaux, l’intéressé s’en est expliqué, indiquant que « ce n’(était) pas la fin d’une histoire mais le début d’un nouveau chapitre » et qu’il « continuerai(t) (…) à servir (le président de la République) » (lire notre article). Le lendemain, le porte-parole de la Présidence, Jessye Ella Ekogha, face aux innombrables rumeurs, a fait la lumière sur les circonstances de ce départ (lire notre article) qui ressemble davantage à un… faux-départ. Comme l’a lui-même indiqué le président Ali Bongo Ondimba quelques minutes à peine après la publication du compte-rendu final du Conseil des ministres, sur Twitter et Facebook, entre lui et Noureddin Bongo Valentin, qui est son véritable bras droit et l’un de ses rares hommes de confiance, « le travail continue ! » (lire notre article)

Casimir Oyé Mba. L’ancien gouverneur de la BEAC (1978-1990) et ancien premier ministre (1990-1994) est décédé jeudi à l’âge de 79 ans. Il avait été évacué quelques jours plus tôt vers l’hôpital Paris Saint-Joseph en France après avoir contracté une forme sévère de la Covid-19 (lire notre article). La classe politique, majorité et opposition confondues, lui a rendu un hommage unanime, à commencer le chef de l’Etat Ali Bongo Ondimba qui a qualifié le défunt d’« homme d’Etat » (lire notre article).

Marcos Pawlowski-Ribeiro. Après quatre années passées au Gabon, le représentant-résident du FMI tire sa révérence. Il s’occupera désormais de la Tanzanie. Durant son mandat, il aura supervisé l’accord de prêt obtenu en juin 2017 d’un montant de 642 millions d’euros et conclu un nouvel accord en juillet 2021 pour un montant de 553 millions de dollars. Rose Christiane Ossouka Raponda, qui l’a reçu mardi à la Primature pour un dernier entretien avant son départ, a salué « son grand professionnalisme et ses qualités humaines » (lire notre article). Une chose est sûre, Marcos Pawlowski-Ribeiro sera regretté aux Gabonais.

LES FLOPS

Fridolin Mve Messa. A une dizaine de jours de la rentrée scolaire, le Syndicat de l’Education nationale, dont il est le secrétaire général, a « invité » cette semaine le ministre de l’Éducation nationale, Patrick Mouguiama Daouda, à satisfaire au préalable ses revendications (organisation des concours internes ENI et ENS, formation des inspecteurs du second degré, affectations et redéploiement de plusieurs enseignants, etc.). Du déjà vu ! Chaque année à la rentrée, comme un rituel, certains syndicats de l’Education nationale menacent de faire grève, pour des raisons souvent corporatistes et très éloignées des intérêts des élèves et de leurs parents. Une triste habitude dont le pays devrait se départir.

Vincent de Paul Massassa. Le ministre du Pétrole est depuis quelques temps dans la tourmente médiatique. Une certaine presse lui prête l’intention d’avoir voulu déposer, il y a deux mois, au cabinet de la première ministre Rose Christiane Ossouka Raponda des sacs de billets de banque. En attendant d’y voir plus clair, mardi, lors de sa conférence de presse, le porte-parole de la présidence de la République, Jessye Ella Ekogha, a rappelé un principe de bon sens : « si ces faits sont avérés, ils seront sanctionnés ». Pour le reste, ce n’est pas aux médias – qui s’érigent trop souvent en procureur – mais à la Justice de dire ce qu’il retourne. En attendant, c’est la présomption d’innocence – un principe dont certains, pourtant prompts à se revendiquer de l’Etat de droit, semblent faire un usage à géométrie variable – qui prévaut.

Gabon Review. Souvent prompt à relayer des fake news pour peu qu’elles portent atteinte au président de la République ou à sa famille (lire notre article), le site internet gabonais pro-opposition s’est de nouveau pris cette semaine les pieds dans le tapis, relayant un faux communiqué de presse attribué à l’AFP dans lequel feu Omar Bongo Ondimba était qualifié de « dictateur » (lire notre article). Mais ça n’est pas là son seul fait d’arme. Ces derniers jours, Gabon Review s’est illustré par son traitement pour le moins singulier de l’actualité, oscillant entre « complotisme » – voyant dans la promotion du Colonel Jean Luc Ndong Amvame une « sanction » en lien avec le coup d’Etat en Guinée conakry (!) ou dans le départ de Noureddin Bongo Valentin de son poste de coordinateur général des affaires présidentielles un « renvoi » (!!) – ; et le « bovarysme » (néologisme inspiré d’un personnage – Mme Bovary – créé par le romancier français Gustave Flaubert qui désigne la propension à voir la réalité non telle qu’elle est mais telle qu’on voudrait qu’elle soit) voyant dans les ordonnances constitutionnelles une manière de « préparer la vacance du pouvoir présidentiel » (!!!)