Journée internationale des veuves : Laurence Ndong tient des propos « révisionnistes » pour avoir son quart d’heure de gloire warholien

Laurence Ndong, une activiste très controversée qui prend souvent des libertés avec la réalité © DR

A l’occasion de la Journée internationale des veuves, l’opposante radicale, connue pour son goût obsessionnel des médias, s’est offerte une interview « passe plat » sur le site Gabon Review. Elle y tient des propos complotistes, pour ne pas dire révisionnistes, déniant au Gabon la paternité de la Journée internationale des veuves. La Libreville démêle pour vous le vrai du faux. 

C’est une opération cousue de fil blanc.

A l’occasion de la Journée internationale des veuves ce mercredi 23 juin, l’opposante radicale Laurence Ndong, dont le militantisme se limite à quelques tweets, a fait un tandem avec le site Gabon Review, régulièrement épinglé lui sa propension à colporter des fake news (lire notre article), en vue de mener – ô surprise – une campagne de dénigrement contre les autorités.

Laurence Ndong y soutient que « contrairement au récit tronqué, la Journée internationale des Veuves est une initiative de Lord Raj Loomba et non de Sylvia Bongo Valentin ». S’en suit une tentative d’explication aussi alambiquée qu’empesée dont nous ferons grâce à nos lecteurs.

L’entourage de Lord Raj Loomba dément fermement les propos de Laurence Ndong

Contacté, le service de communication de Lord Raj Loomba dément fermement la version des faits développés par Laurence Ndong. En off, un de ses collaborateurs va jusqu’à qualifier les propos de l’opposante (dont il n’a jamais entendu parlé) d’ « histoires à dormir debout ». De fait, les assertions de Mme Ndong, que l’on peut qualifier sinon de révisionnistes à tout le moins de complotistes, relève davantage d’un règlement de comptes politiques que d’une volonté sincère de rétablir une quelconque vérité. A cet égard, on peut s’interroger sur le fait que Lord Raj Loomba, s’il s’était senti spolié, ait gardé pendant aussi longtemps le silence. En outre, pourquoi aurait-il fait le choix de se confier, directement ou indirectement, à Laurence Ndong qui à ses yeux est une « Miss Nobody » ?

Un mensonge répété ne fait pas une vérité

Tout cela, à l’évidence, ne tient pas. Et ça ne tient d’autant moins que la version de l’Organisation des Nations Unies, qui seule fait foi, est très différente des affabulations de Mme Ndong. La voici en effet : si en 2005 une campagne a bien vu le jour pour soutenir les veuves, sa portée se limitait au seul Royaume-Uni. Car c’est bien, cinq ans plus tard, la résolution A/RES/65/189 du 21 décembre 2010, présentée par le Gabon suite à un long et acharné travail de plaidoyer de la Fondation Sylvia Bongo Ondimba, qui a donné à cette journée une dimension véritablement internationale. A l’époque, cette résolution, qui instaurait officiellement le 23 juin comme Journée internationale des veuves, a été adoptée à l’unanimité des 193 Etats membres réunis en assemblée générale. Pour s’en convaincre, il suffit de se rendre sur le site officiel de l’ONU qui retrace cet historique dans le détail (lire l’article).

La résolution A/RES/65/189 du 21 décembre 2010 reste à ce jour l’un des plus grands faits d’armes diplomatiques du Gabon. Et c’est à Sylvia Bongo Ondimba qu’il le doit. Dans les archives de l’ONU, le Gabon et le nom de sa première dame sont pour toujours associés à la résolution qui a instituée la célébration d’une journée internationale pour promouvoir les droits des veuves. N’en déplaise à Laurence Ndong (et à Gabon Review), un mensonge répété ne fait pas une vérité.

Tancée par Marc Mve Bekalé, recadrée par Delphine Lecoutre

Cette prise de parole de Laurence Ndong intervient à un moment où l’opposante, autrefois considérée comme l’un des espoirs de la politique gabonaise, voit son étoile pâlir à un rythme accéléré. « Laurence n’est que dans la critique, c’est son fonds de commerce. Jamais dans la proposition ; elle ne travaille pas assez pour cela », tacle l’un de ses anciens collègues, intarissable sur les limites du personnage. « Que ne dirait-elle pas pour avoir son quart d’heure de gloire warholien ! », s’exclame-t-il avec une ironie mordante.

En 2019, elle avait essuyé une pluie de critiques pour avoir vanté, lors du Sommet Afrique-Russie de St Petersbourg, les vertus de la démocratie poutinienne. L’on se souvient encore de la lettre ouverte particulièrement salée que lui avait alors adressé l’essayiste Marc Mve Bekalé.

Quelques semaines plus tard, fin décembre 2019, lors de l’interpellation de l’activiste David Pandjo Ngoma, alias Peter Brady Akewa, Laurence Ndong avait dénoncé des actes de torture qui s’étaient révélés purement imaginaires. Elle s’était alors faite sèchement recadrée par la politologue Delphine Lecoutre, peu suspecte de complaisance envers le pouvoir gabonais (lire notre article). Un épisode qui atteste du peu de crédit que l’on peut accorder à ses propos.

Ces derniers mois, à la faveur de la crise du Covid-19 qu’elle a aussi tenté d’instrumentaliser politiquement, Laurence Ndong s’était improvisée… épidémiologiste ! Lors de Facebook lives, qui, le moins que l’on puisse dire, n’ont guère passionné les foules, elle tenait des propos qui frisaient le ridicule. Ce 23 juin 2021, à l’occasion de la journée internationale des veuves, Mme Ndong a sans conteste franchi un nouveau palier.