Gabon : Preuves à l’appui, BGFI Bank fait toute la lumière dans l’affaire du « milliard disparu »

Me Obame Sima à l'occasion de la conférence de presse de ce jeudi 11 avril @ DR

C’est à l’occasion d’une conférence de presse organisée aujourd’hui que la banque, par l’intermédiaire de son avocat, a livré ses explications sur cette affaire l’opposant au notaire Me Alfred Bongo. 

Une semaine après l’accusation, au tour de la défense de faire entendre sa version dans l’affaire dite du milliard disparu (lire nos précédents articles ici et ici à ce sujet pour en connaître le détail).

Aujourd’hui, en fin de matinée, l’avocat de BGFIBank Gabon, Me Obame Sima, a tenu « à livrer non pas sa vérité mais la vérité », comme il l’a rappelé, sur cette affaire qui, ces derniers temps a suscité un réel engouement médiatique conformément aux intentions de l’accusation.

Mais bien mal, semble-t-il, lui en a pris. « Me Alfred Bongo a manqué une bonne occasion de se taire », a d’emblée lancé Me Obame Sima. En effet, selon lui, « il est ressorti de façon très claire que les sommes recherchées (c’est à dire le milliard disparu réclamé par Me Alfred Bongo) avaient été dépensées par le cabinet Alfred Bongo. »

Là où les choses se corsent pour le notaire, c’est que les propos de l’avocat de BGFI Bank sont étayés par des preuves matérielles qui, sauf à nier l’évidence, semblent irréfutables.

« L’historique du compte de Me Alfred Bongo révèle qu’entre le 16 et le 23 mars 2015, celui-ci a été débité de plusieurs sommes bien au-delà de ce qu’il avait reçu. Et les libellés ou motifs des opérations sont d’une éloquence indiscutable », explique l’avocat de BGFI Bank. « Et pour cause, la plupart d’entre eux ont été effectués par chèques facilement et objectivement vérifiables », précise-t-il.

Mieux, Me Alfred Bongo a manifestement reconnu ses torts. Dans une correspondance en date du 23 juillet 2015, le notaire a en effet sollicité la mise en place d’une ligne de découvert pour un montant d’un milliard de FCFA. Cette demande lui ayant été légitimement refusée (« on ne prête pas à quelqu’un qui se comporte ainsi », précise Me Obame Sima), Me Alfred Bongo s’est lancé dans une procédure judiciaire contre BGFI. « Par pure malice, précise l’avocat, « afin de faire croire au véritable propriétaire des sommes litigieuses (le FGIS) qu’il y avait un conflit sérieux entre la banque et lui alors qu’en réalité, il était parfaitement établi que c’est lui qui avait ordonné les différents mouvements bancaires»

C’est ainsi que le mystère du milliard disparu a été éclairci. On comprend désormais mieux pourquoi Me Alfred Bongo a tenté de faire sortir cette affaire du prétoire pour la porter sur la place publique. Mais ce faisant, comme l’a dit l’avocat de BGFI Bank, celui-ci a sans doute « manqué une bonne occasion de se taire ». Gare, en effet, au retour de bâton…