Vacance du pouvoir au Gabon ? Les approximations du journal Le Monde

Le président gabonais, Ali Bongo Ondimba © DR

Dans un article publié mardi 6 novembre au sujet de l’état de santé d’Ali Bongo, le grand quotidien français prête à la présidente de la Cour constitutionnelle des pouvoirs en réalité dévolus à d’autres institutions. Explication. 

Marie-Madeleine Mborantsuo, la présidente de la Cour constitutionnelle, « joue un rôle essentiel. En effet, c’est elle qui détient le droit de décréter une vacance du pouvoir et ainsi de provoquer une transition en théorie dirigée par la présidente du Sénat. »

Cette affirmation, c’est le journal Le Monde qui l’a faite dans un article publié hier sous le titre Gabon : victime d’un AVC, Ali Bongo demeure hospitalisé en Arabie saoudite. Problème : celle-ci n’est en réalité pas tout à fait exacte.

S’il revient en effet à la Cour constitutionnelle (et non pas seulement à sa présidente) de constater la vacance du pouvoir (hypothèse toute théorique, en l’espèce, en dépit des nombreuses rumeurs qui circulent), celle-ci ne peut le faire qu’à l’initiative du gouvernement et après un vote du parlement. L’article 13 du titre II de la Constitution gabonaise est très clair à ce sujet.

« En cas de vacance de la présidence de la République pour quelque cause que ce soit, ou d’empêchement définitif de son titulaire constaté par la Cour Constitutionnelle saisie par le Gouvernement et statuant à la majorité absolue de ses membres, ou à défaut, par les bureaux des deux chambres du Parlement statuant ensemble à la majorité de leurs membres ». Une procédure très précise et très encadrée.

Depuis l’hospitalisation d’Ali Bongo à Riyad en Arabie saoudite, de fausses informations, des fake news, circulent abondement sur les réseaux sociaux. Si les médias tentent, de ne pas les répercuter, sans toujours y parvenir, force est de constater qu’ils commentent parfois – d’aucuns dirons souvent – des approximations, dont les répercutions peuvent être non négligeables compte tenu du caractère hautement sensible de ce sujet.