Pourquoi un surcroît de dette est indispensable pour permettre aux Etats d’affronter la crise du Covid-19 ? Les explications limpides du ministre français de l’Economie

Le ministre français de l'Economie et de la Relance, Bruno Le Maire © DR

Invité ce matin d’une émission télévisée (sur la chaîne C-News), le ministre français de l’Economie et de la Relance, Bruno Le Maire, interrogé sur le recours à l’endettement durant la crise du Covid-19, que certains qualifient de déraisonnable, a justifié de manière limpide et pédagogique la nécessité à ce moment-là pour les Etats d’y faire appel. Des arguments qui raisonnent dans le débat politique gabonais où la question du niveau de la dette est agitée, non sans arrières pensées politiciennes, par une frange de l’opposition. Verbatim

« Quand les Français voient le niveau de la dette, dont le montant est abyssal (équivalent à 117,5 % du PIB), ils se demandent pourquoi l’Etat gère aussi mal ses finances ? », demande la journaliste.

Sans se démonter, le ministre français de l’Economie, Bruno Le Maire, répond tout de go : « La dette, c’est pas de la mauvaise gestion, c’est de l’investissement. Qu’est-ce qu’on aurait pas dit si nous n’avions rien fait. A quoi ont servi ces 17 points de dette supplémentaires ? A financer le chômage partiel, ce qui a permis de sauver des dizaines de milliers d’emplois. A éviter de nombreuses faillites d’entreprises. A faire des investissements dans l’innovation, les nouvelles technologies, l’hydrogène, et tout ce qui figure dans le plan de relance ». 

Et le ministre français de faire mine de se demander : « Qu’est-ce qu’on aurait préféré ? Qu’on garde un niveau de dette à 99 % du PIB, comme avant la crise, et qu’on ait des centaines d’emplois supprimés ? Des dizaines de milliers d’entreprises qui ferment ? Mais ça aurait été un chaos social, un chaos économique et sans doute un chaos politique. Nous avons su éviter cela. »

« Si on fait un tout petit peu d’Histoire. En 1929, une récession comparable dans son ampleur. Les Etats n’ont pas réagi. Nous avons eu ensuite une catastrophe politique. Eh bien moi je suis fier d’appartenir à un gouvernement qui a permis d’éviter à la France ce chaos économique, social et politique », conclut le ministre.

Des propos qui raisonnent jusqu’au Gabon où une frange de l’opposition s’est, de manière jugée populiste, emparée du débat sur la dette avec, selon les meilleurs spécialistes, des arguments spécieux qui ne résistent guère à une analyse économique rigoureuse (lire notamment à ce sujet notre article).