Noureddin Bongo Valentin, Jean-Marie Ogandaga, Christian Magni, Marcos Poplawski-Ribeiro, Alain Bâ Oumar, Francis Jean-Jacques Evouna… Les tops et les flops cette semaine au Gabon

Le représentant du FMI au Gabon, Marcos Poplawski-Ribeiro, a été au centre des discussions cette semaine © DR

Qui s’est positivement distingué cette semaine au Gabon ? Qui s’est, à l’inverse, négativement illustré ? Nous avons sondé une trentaine de personnalités de toutes sensibilités, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays. Voici leur réponse. 

LES TOPS 

Noureddin  Bongo Valentin. Le coordinateur général des affaires présidentielles a révélé cette semaine que « sur la part de la dette intérieure déjà auditée, les deux tiers n’étaient pas justifiés et ont donc été abandonnés par les créanciers ». Une somme colossale qui équivaut à 241 milliards de FCFA sur 370. Pourtant, cette dette avait fait l’objet, à la demande des autorités gabonaises, d’un audit diligenté par le FMI à travers le cabinet Price Waterhousecoopers. Mais face au caractère surprenant de ses conclusions, les autorités gabonaises avaient décidé en juin dernier de mettre en place une taskforce sur le règlement de la dette intérieure. Sa mission : réaliser un contre-audit sur la base d’une méthodologie plus poussée et rigoureuse avec notamment des contrôles sur place et non seulement sur pièces comme s’est contenté de le faire le FMI. Le résultat est éloquent (lire notre article).

Jean-Marie Ogandaga. Le ministre gabonais de l’Economie figurait parmi les invités cette semaine du « Paris Infraweek 2020 » consacré aux infrastructures dans un monde post-crise. Avec ses homologues de la Communauté économique de l’Afrique centrale (CEMAC), il a joué en équipe afin d’attirer investisseurs et bailleurs de fonds pour financer les infrastructures clés dont cette zone de 55 millions d’habitants a besoin pour assurer son développement (lire notre article).

Christian Magni. Nommé directeur général de la Société d’exploitation du Transgabonais (Setrag) en septembre 2019, le brésilien Luiz Renato Lombardo Torres a posé cette semaine sa démission pour, a-t-il avancé, « raisons personnelles ». C’est le gabonais Christian Magni, jusqu’alors directeur général adjoint, qui assurera l’interim jusqu’à la nomination du remplaçant de Torres. Une mission qu’il avait déjà assuré l’année dernière suite à la démission l’année dernière du belge Patrick Claes (lire notre article).

LES FLOPS

Marcos Poplawski-Ribeiro. Le représentant du FMI au Gabon est sur la sellette. C’est lui qui, à la demande des autorités gabonaises, a diligenté l’audit sur la dette intérieure gabonaise, finalement réalisé par le cabinet Price Waterhousecoopers (PWC). Or, celui-ci n’a travaillé que sur la base de pièces comptables sans se rendre sur le terrain et vérifier l’existence de contreparties réelles. Face aux nombreux doutes, les autorités gabonaises ont mis sur pied en juin dernier une taskforce sur le règlement de la dette intérieure avec, pour mission, de réaliser un contre-audit. Les premières conclusions qu’elle vient de rendre cette semaine sont sans appel. Les deux tiers de la dette déjà audités sont totalement injustifiés. Et pour cause, les auditeurs gabonais ont mis à jour un vaste système de détournement de fonds publics alimenté par des surfacturations, de nombreuses entorses aux règles de passation des marchés publics, d’absence totale ou partielle de contreparties réelles, etc. (lire nos articles ici, ici et ici).

Alain Bâ Oumar. Le président de la Confédération patronale gabonaise (CPG) est éclaboussé par le scandale de la dette intérieure injustifiée mis à jour cette semaine. Quand bien même une bonne partie des entreprises indélicates sont membres de son organisation, le numéro un de la CPG se mûre dans un lourd silence. Aucune prise de paroles depuis. Une attitude qui, selon certains, signifierait qu’il tenterait de couvrir ses membres indélicats, mais qui, pour d’autres, pourrait être assimilée à un aveu de complicité. Pour eux, les montants sont tels qu’il ne pouvait ignorer ce qui, de fait, s’apparente à un vaste système de détournement de fonds publics (lire notre article).

Francis Jean-Jacques Evouna. A l’instar de son homologue de la CPG, le président du Conseil gabonais du patronat (CGP) est tout aussi éclaboussé par le scandale de la dette intérieure injustifiée dans lequel nombre de ses membres sont impliqués. Lui aussi a décidé d’observer le mutisme. Une attitude qui ne laisse d’interroger (lire notre article). A telle enseigne qu’aujourd’hui des voix s’élèvent pour demander des sanctions à l’encontre des entreprises incriminées mais également des comptes aux responsables patronaux (lire notre article).