
Mercredi 4 mars, le chef de l’Etat gabonais s’est entretenu à Libreville avec la patronne du groupe minier français Eramet, maison mère de la Compagnie minière de l’Ogooué (Comilog), qui exploite la mine de manganèse de Moanda dans le sud-est du pays, l’une des plus importantes au monde.
Le discours feutré et les amabilités masquent une indéniable fermeté.
Officiellement, il s’est agi pour le président gabonais et la PDG d’Eramet de faire le point sur les activités de la Compagnie minière de l’Ogooué (Comilog) et la Société d’exploitation du Transgabonais (Setrag), deux acteurs majeurs de l’économie gabonaise dont le groupe minier français est l’actionnaire majoritaire.
Côté mine, les perspectives de faire du Gabon le premier producteur de manganèse mondial et de remonter la chaîne de valeur en augmentant la part de valeur ajoutée produite localement afin de générer davantage d’emplois pour les populations ont été évoquées. Le contexte s’y prête. En 2019, la Comilog a produit 4,8 millions de tonnes de minerai, en hausse de 10 % par rapport à 2018. 2020 s’annonce encore meilleur avec des prévisions de 5 millions de tonnes.
Quant au chemin de fer, le Programme de Remise à Niveau de la voie (PRN), lancé pour la période 2016-2024, a été largement abordé. Son objectif est de réhabiliter, moderniser la ligne et doubler la capacité de transport du Transgabonais à l’horizon 2023.
Mais c’est un autre sujet, non débattu à l’occasion de ce rendez-vous protocolaire, qui était dans les esprits : la montée au capital de l’Etat gabonais au sein de la Comilog. Le Gabon plaide en effet de longue date pour une meilleure répartition des fruits tirés de l’exploitation du manganèse contenu dans son sous-sol afin d’accélérer son développement.
Partage plus équitable des revenus miniers
Actuellement, l’Etat gabonais est actionnaire à hauteur de 28,9 % de la Comilog (contre 63,7 % pour Eramet). Il souhaiterait porter cette participation entre 32 et 35 % à la faveur de la révision de la convention de concession avec le groupe minier français. Des discussions avaient été amorcées en ce sens dès 2018 sous la supervision des présidences gabonaise et française (l’Etat français étant présent au capital d’Eramet, seul groupe minier hexagonal, via Bpifrance Participations à hauteur de 25,7 % contre 37,06 % pour la famille Duval).
Selon différentes sources très proches du dossier, jamais les parties n’auraient été aussi proches d’un accord. L’annonce pourrait en être faite début avril lors de la visite à Libreville du ministre français de l’Economie, Bruno Le Maire.
Pour le Gabon, il s’agirait sans conteste d’une bonne nouvelle.







