Le Gabon transforme davantage sur place ses matières premières avant de les exporter (Trésor français)

L'industrie du bois est l'un des secteurs moteurs de l'économie gabonaise © DR

C’est ce qu’indique une note du Trésor français qui souligne, par ailleurs, que le processus de diversification de l’économie gabonaise tend à s’accélérer.

De ce point de vue, relève avec satisfaction le Trésor français, qui dépend du ministère de l’Economie et des Finances, l’industrie du bois est emblématique de la volonté des autorités du pays de transformer localement ses matières afin de capter davantage de valeur ajoutée.

En 2009, le Gabon a interdit l’exportation des grumes, imposant de fait une première transformation locale. Une législation encore durcie depuis. En outre, le pays s’est dotée au début des années 2010 d’une zone économique spéciale à Nkok qui a permis le développement de l’industrie du bois via le cluster dédié, le Gabon wood hub.

Désormais, le Gabon entend répliquer ce modèle à d’autres secteurs. En particulier celui des mines. Régulièrement, le gouvernement réitère sa volonté de développer une véritable filière industrielle dans le manganèse, dont le pays est l’un des principaux producteurs mondiaux, notamment dans le cadre du partenariat avec la Comilog, filiale gabonaise du français Eramet, dont l’Etat est actionnaire à près de 30 %.

A cet égard, note le Trésor français, l’intitulé du ministère des Mines, piloté par Tony Ondo Mba, est évocateur. Il comprend désormais une dimension de « valorisation minière », ce qui constitue une nouveauté.

Pour répondre à cette attente, Comilog a massivement investi ces dernières années avec la création du Complexe industriel de Moanda (CIM), inauguré en 2000, et du Complexe métallurgique de Moanda (C2M), inauguré en 2015.

A l’heure actuelle, 30 % environ du minerai est transformé localement. Un chiffre que le gouvernement entend relever. Il lui faudra pour cela abattre les différentes barrières auxquels sont confrontés les industriels (ressources humaines indisponibles, transport à améliorer, accès à l’énergie, etc.).

Pour le Gabon, l’enjeu est quadruple : développer son secteur industriel, créer des emplois qualifiés, créer davantage de valeur ajoutée localement et diversifier son économie.