
Le président Ali Bongo Ondimba l’a annoncé à l’occasion du dernier conseil des ministres le vendredi 18 mai. Quelques heures plus tard, Brice Laccruche Alihanga, son directeur de cabinet, lançait une task force sur les finances publiques à l’occasion d’un séminaire de 10 jours réunissant les ministres, les directeurs généraux d’administration centrale et des agences de l’Etat. Leurs réflexions « devront permettre de faire des propositions sans tabou, ainsi que des recommandations réalistes et inventives pour redresser les comptes publics », a insisté le plus proche collaborateur du Président Ali Bongo.
D’une manière générale, l’objectif de ce séminaire, qui se poursuivra durant toute la semaine et qui est subdivisé en six ateliers, est de parvenir à identifier les mesures qui permettront d’optimiser la dépense publique, d’améliorer le ratio dépenses de fonctionnement sur dépenses d’investissement, d’améliorer le recouvrement des recettes, de rationaliser les effectifs de la fonction publique et, d’une manière générale, de revoir les missions de l’Etat qui ont eu tendance par le passé à s’étendre au-delà de leur périmètre.
Au-delà de ces axes de travail qui devront être mis en oeuvre dès le second semestre 2018, l’on en sait désormais un peu plus sur les objectifs chiffrés que le pays devra atteindre. Le déficit budgétaire devra être ramené à 1 % du PIB fin 2018 et l’équilibre des finances publiques atteint en 2019. Le niveau d’endettement, actuellement de l’ordre de 59 % du PIB, devra passé à 40 % d’ici 2020. La masse salariale mensuelle dans la fonction publique d’Etat (hors agences) devra être ramenée à 40 milliards FCFA en 2019 et 35 milliards en 2020. Les dépenses de biens et services seront diminuées de 40 % en 2019. Des objectifs précis et chiffrés seront également fixés en matière de recettes, de trésorerie et de dépense d’investissement.
« C’est un effort violent, une cure d’amaigrissement sévère qui est exigé de la part de l’Etat. Mais il ne s’agit pas d’affaiblir le patient. Au contraire, il s’agit de le remettre en bonne santé en faisant disparaître son surpoids afin qu’il devienne plus efficace dans l’accomplissement de ses missions. », a déclaré Brice Laccruche Alihanga en ouverture de ce séminaire gouvernemental qui se tient au Dounia Park dans la zone du Cap Santa Clara au nord de Libreville.
Le Gabon a fait de la réforme de l’Etat, et donc de l’assainissement de ses finances publiques, le préalable à la relance de la croissance économique et à la mise en oeuvre d’une politique sociale plus efficace.







