Gabon : L’interdiction d’exportation des minerais bruts pas à l’ordre du jour… pour l’instant (ministre)

Le ministre gabonais des Mines, Elvis Ossindji © DR

L’interdiction d’exportation de minerais bruts n’est pas à l’ordre du jour au Gabon, a annoncé jeudi dans un tweet le ministre gabonais des Mines, Elvis Ossindji.

« A l’instar du #secteur_bois, la création de #valeur_ajoutée par la transformation locale de minerais est un objectif sur lequel l’Administration et les Miniers travaillent conjointement. L’interdiction d’exportation de minerais bruts n’est pas à l’ordre du jour », a twitté jeudi 16 juin le ministre gabonais des Mines.

Serait-ce une manière de calmer les hauts-de-cœur qui se sont fait entendre lorsque les autorités gabonaises ont, il y a quelques temps, fait part de leur volonté d’interdire l’exportation des minerais bruts ?

La réalité est plus complexe. Si Libreville entend bien dans le cadre du Gabon industriel imposer au moins une première transformation de toutes ses matières premières sur son territoire, dont les matières minières, il s’agit d’un objectif de moyen terme. C’est bien ce qu’il faut comprendre du tweet, élusif, du ministre. A court terme, aucune échéance officielle n’ayant été fixée, les choses devraient rester en l’état.

Malgré le lobbying de certains groupes miniers, on ne peut sur ce dossier que soutenir la volonté des autorités gabonaises en la matière. L’enjeu économique est de taille : plus d’industrialisation, plus de création de valeur ajoutée et plus d’emplois pour le pays. D’autre part, quoi qu’en disent certains, il n’y a aucun obstacle technique en la matière. « Si certains freinent, c’est pour des raisons financières », explique un expert du secteur, basé dans la sous-région.

La preuve que lorsque l’on veut, on peut, le Gabon a réussi en 2010-2011 contre la volonté des acteurs du secteur, vent debout contre la réforme, à imposer une première, puis une seconde et aujourd’hui une troisième transformation du bois avant leur exportation. Résultat : le bois est devenu en l’espace d’une décennie le second secteur de l’économie gabonaise, après le pétrole, et l’un des principaux pourvoyeur d’emplois.

En 2022, le Gabon table sur une production de 9,5 millions de tonnes de manganèse. Un niveau qui lui permet de disputer à l’Afrique du Sud le premier rang mondial en la matière.