Gabon : Les 48 employés du CNOGEMCNI perçoivent 1,222 milliards de francs CFA

Les représentants des salariés du CNOGEMCNI ont été reçus ce mardi 16 juin 2020 au ministère des Sports © DR

L’Etat gabonais vient de purger sept mois d’arriérés de salaires et de droits sociaux. Une initiative qui illustre une tendance très nette constatée ces derniers mois et en rupture avec les pratiques passées : la volonté des autorités publiques de tenir leurs engagements financiers. 

Changement de doctrine au Gabon depuis bientôt six mois. Un engagement pris doit être tenu, en particulier sur le plan financier. Désormais, l’Etat se fait fort de respecter sa parole, en rupture avec les pratiques passées où trop souvent la parole de l’Etat était dévoyée, que ce soit vis-à-vis de ses agents comme de ses prestataires et autres partenaires.

Le mois dernier, l’Etat a ainsi purgé au bénéfice des personnels soignants l’arriéré de prime à l’incitation à la performance (PIP) remontant au 3ème trimestre… 2015. Quelques jours plus tard, ce sont les agents des régies financières de l’Etat qui ont perçu la prime spéciale d’incitation à la performance (PSIP). A cette occasion, le ministère de l’Economie et des Finances s’est dit désireux d’ « honorer mensuellement les engagements de la prime principale versée aux agents des régies financières » (lire notre article).

Nouvelle illustration aujourd’hui de ce tournant. Après sept mois de salaires impayés (279 millions de francs CFA) et de droits sociaux non acquittés (943 millions de francs CFA), et malgré des mouvements d’humeur à répétition, les agents de la Commission Nationale de l’Organisation et de Gestion des Evénements et Manifestations à Caractère National et International (CNOGEMCNI) viennent de percevoir leurs dus. C’est ce qu’a annoncé ce mardi 16 juin 2020, le ministre des Sports Franck Nguema sur ses comptes Facebook et Twitter.

Cette tendance est très positive, commente un analyste londonien, spécialiste de l’Afrique. « Depuis le début de l’année, on assiste à bas bruit à une petite mais véritable révolution », dit-il avant d’expliquer : « Les autorités ont la volonté de respecter les engagements financiers pris par l’Etat. On constate que celui purge peu à peu ses dettes. On constate également que les délais de paiement, autrefois très extensibles, se raccourcissent », fait-il observer. Et, souligne-t-il, « Tout cela est d’autant plus remarquable que la période actuelle, marquée par les conséquences économiques de la crise du Covid-19, n’est pas des plus faciles ».

« Enfin », ajoute l’analyste, « on constate, à la lecture de la loi de Finances rectificative qui vient d’être adoptée en conseil des ministres (le 12 juin dernier, NDLR), qu’il y a une volonté nouvelle de sincérité budgétaire. C’est à dire d’adapter la loi de Finances à la réalité économique, ce qui, là aussi, n’a pas toujours été le cas », constate, mi-surpris mi réjoui, ce spécialiste, fin connaisseur de l’Afrique centrale et australe.

« La parole du Gabon gagne en crédit. C’est de bonne augure dans la perspective d’un retour vers les marchés pour restructurer sa dette dans les semaines et mois à venir », conclut-il.