Gabon : La défense de Brice Laccruche Alihanga fragilisée par son avocat

L'ex-directeur de cabinet de la Présidence, Brice Laccruche Alihanga © DR

Alors que Brice Laccruche Alihanga n’a cessé d’affirmer publiquement qu’il était né de père gabonais, Me Anges Kevin Nzigou, qui est pourtant censé assurer sa défense, soutient le contraire. De quoi conforter l’accusation et placer en porte-à-faux l’ex-directeur de cabinet de la Présidence. 

Plus les jours passent et plus Anges Kevin Nzigou apparait comme le maillon faible de l’équipe d’avocats que Brice Laccruche Alihanga a réuni autour de lui pour le défendre dans le cadre du procès qui lui est intenté devant le tribunal correctionnel de Libreville pour faux et usage de faux (lire notre article).

La Justice gabonaise reproche en effet à l’ex-directeur de cabinet de la Présidence d’avoir falsifié son acte de naissance en prétendant être né d’un père gabonais (M. Louis André Laccruche Alihanga) alors que son père naturel est un citoyen français (M. Norbert Fargeon).

Si Brice Laccruche s’en défend, son avocat craint pas lui de donner le bâton pour le faire battre. Me Nzigou, en soutenant que son client est bien né de deux parents français, Norbert Fargeon et Elisabeth Dupont, épouse ni plus ni moins la thèse de… l’accusation !

Un but contre son camp

Une situation qui provoque l’ire de certains proches de Brice Laccruche Alihanga. « C’est incompréhensible. C’est comme marquer un but contre son propre camp ! », peste l’un d’eux, manifestement très remonté.

Cette stratégie répond pourtant bien à une certaine logique. Selon l’un des confrères du jeune avocat, elle aurait pour but de faire directement intervenir les autorités françaises dans ce dossier. « En soutenant que M. Laccruche Alihanga est né de deux parents français, Me Nzigou cherche à faire de ce dossier une affaire 100 % française et non plus gabonaise », explique le juriste.

« Gardez-moi de mes amis »

Mais pour lui, cette stratégie s’apparente davantage à un pari hasardeux. « D’une part, cela revient à reconnaitre qu’il y a bien eu falsification. Ce dont se défend son client. D’autre part, penser que la France va s’ingérer dans cette affaire politiquement très sensible est totalement illusoire. D’autant que rien en droit ne l’y autorise. Le délit a eu lieu au Gabon. C’est donc la loi gabonaise qui s’applique, quelle que soit la nationalité de celui qui a commis l’infraction », rappelle cet avocat qui souligne que le procédé, qui n’a rien d’original, est souvent contreproductif. « Souvent, ça ne contribue qu’à raidir un peu plus la Justice du pays sur laquelle on essaie de faire pression », fait-il observer.

Sera-ce le cas en l’espèce ? Les prochaines semaines nous le diront. En attendant, Me Anges Kevin Nzigou, déjà brocardé pour n’avoir pas pris connaissance du dossier de son client et avoir menti à ce sujet pour masquer sa légèreté lors d’une conférence de presse (lire notre article), semble confirmer le dicton : « gardez-moi de mes amis, mes ennemis je m’en charge ».