Le Gabon commence à exporter son huile de palme

Le premier bateau rempli d'huile de palme a quitté le Gabon mardi 15 mai. L'annonce en a été faite par Liban Soleman, le coordonnateur du Bureau de coordination du Plan stratégique Gabon émergent. Source : compte Twitter @libansoleman.

Le premier bateau rempli d’huile de palme a quitté le Gabon mardi 15 mai. L’annonce en a été faite par Liban Soleman, le coordonnateur du Bureau de coordination du Plan stratégique Gabon émergent. La politique de diversification de l’économie, souhaitée par le Président Ali Bongo afin d’extraire le pays de sa trop grande dépendance vis-à-vis du pétrole, porte ainsi ses fruits. Mais cette nouvelle n’est pas sans inquiéter les défenseurs de l’environnement. Explication. 

Pour l’économie gabonaise, c’est incontestablement une bonne nouvelle. Le premier bateau rempli d’huile de palme a quitté hier le Gabon « pour une vente à l’international », s’est réjoui sur son compte Twitter, Liban Soleman, le coordonnateur du Bureau de coordination du Plan stratégique Gabon émergent, avant d’ajouter : « le Gabon exporte désormais son huile de palme comme son pétrole ».

Au total, c’est quelque 3.000 tonnes d’huile de palme qui ont quitté hier le pays. Une production tirée des fruits des palmiers à huile exploités par le le groupe agro-industriel singapourien Olam, premier employeur privé au Gabon, qui possède deux usines de fabrication d’huile de palme dans le pays : la première située à Awal, près de Kango, à 60 km au sud-est de la capitale Libreville, a été lancée en 2015 ; la seconde, fruit d’un partenariat public-privé, a été construite sur le site de Bilala au sein du lot 1 de la plantation de Mouila, dans la province méridionale de la Ngounié, avant d’être inaugurée en 2017.

Trouver un équilibre entre développement économique et développement durable

Pour les autorités gabonaises, qui sont engagées dans un effort de diversification de l’économie, c’est aussi une victoire. En dépit de la remontée récente des cours du pétrole et de la découverte de nouveaux champs offshore très prometteurs, les dirigeants gabonais souhaitent accélérer la diversification de l’économie afin d’être moins tributaire des variations du cours mondial de l’or noir. C’est pourquoi l’accent est mis depuis quelques années sur l’agriculture, jusqu’alors peu développée dans ce pays recouvert à 80 % par le tissu forestier. « D’ici une décennie, le palmier à huile apportera autant de revenus que le pétrole à notre pays », avait déclaré le président Ali Bongo Ondimba lors de l’inauguration de l’usine sur le site de Bilala en 2017.

Pour autant, le développement de la culture de l’huile de palme ne va pas sans inquiétudes. Cette culture, par nature extensive, est régulièrement mise à l’index du fait de la déforestation qu’elle provoque. Mais les autorités gabonaises assurent être vigilantes sur ce point. Elles sont en effet parmi les pays africains les plus engagés dans la lutte contre le changement climatique – Ali Bongo Ondimba est le président en exercice du CAHOSCC. Une lutte dans laquelle les forêts sont appelées à jouer un rôle majeur en raison du piège naturel à C02 qu’elles constituent.

Trouver un équilibre entre développement économique et développement durable ne sera pas simple. Le Gabon n’a pourtant pas le choix. C’est dans cette voie-là qu’il doit s’engager.