Fake news : Non, l’ex-premier ministre Julien Nkoghe Bekalé n’a pas été interpellé et placé en garde à vue

L'ex-premier ministre gabonais, Julien Nkoghe Bekalé © DR

Au Gabon, une rumeur se répand actuellement comme une traînée de poudre sur les réseaux sociaux affirmant que l’ex-chef du gouvernement, Julien Nkoghe Bekalé, aurait été interpellé. Des allégations totalement erronées. La Libreville vous explique pourquoi. 

Non, Julien Nkoghé Bekalé n’a pas été interpellé et n’est pas a fortiori en garde à vue.

Pourtant, ces dernières heures, la rumeur s’est répandue comme une traînée de poudre sur les réseaux sociaux.

En réalité, suivant une mécanique bien connue et parfaitement huilée, un petit groupe sur les réseaux sociaux s’est employé, en partant d’une vraie information, à rendre plausibles ce qui ne sont en réalité que des… élucubrations.

La semaine dernière, l’ex-directeur général de la Marine marchande, Ruben Ndzibe, a été interpellé, placé en examen et écroué à la Prison centrale de Libreville pour détournements de recettes. Le montant de 2 milliards de francs CFA est évoqué (lire notre article).

Or, l’inculpé n’est autre que l’ex-beau frère de Julien Nkoghe Bekalé. Suffisant pour que certains, au prix d’un raccourci rapide, répandent dans un but manifestement malveillant l’idée que l’ex-premier ministre serait lui aussi impliqué dans cette affaire, et donc interpellé et placé en garde à vue.

Juridiquement impossible

Cette histoire est d’autant plus bancale que l’ex-chef du gouvernement a, depuis qu’il a quitté son poste le 18 juillet dernier après son remplacement par Rose Christiane Ossouka Raponda, retrouvé son siège de député. Il avait en effet été élu à l’Assemblée nationale lors des élections législatives d’octobre 2018, dès le premier tour d’ailleurs avec 58,08 % des voix, dans la circonscription du premier siège du département du Komo Mondah (commune de Ntoum) dans sa province natale de l’Estuaire.

Or, un député, en raison de la séparation des pouvoirs, ne peut être mis en examen qu’après la levée par ses pairs de son immunité, comme ce fut le cas en fin d’année dernière par exemple pour l’ex-ministre Justin Ndoundangoye, redevenu député du Haut-Ogooué (lire notre article). Il ne peut donc être entendu par les services judiciaires que de son propre chef, ce qui en pratique n’est jamais le cas.

Aux lecteurs de s’en souvenir la prochaine fois qu’ils verront passer de telles affirmations sur les réseaux sociaux.