
En raison des conséquences économiques liées à la crise du coronavirus, au Christel Bories et le conseil d’administration du groupe minier et métallurgique français, maison mère de la Comilog, renoncent à une partie de leur rémunération afin d’alimenter un fonds de solidarité.
La présidente-directrice générale d’Eramet, Christel Bories, va abaisser sa rémunération de 25 % et allouer ce montant à un fonds de solidarité, a indiqué en fin de semaine dernière l’entreprise. 10 % de la rémunération annuelle des membres du conseil d’administration du groupe y sera également affectée.
Doté de 1,5 million d’euros, ce fonds s’enrichira aussi des sommes prévues pour les actions de soutien aux communautés autour des sites miniers et métallurgiques de l’industriel français, soit un montant total d’environ 10 millions d’euros. « En 2020, une large part des actions du groupe contribueront ainsi à la lutte contre la pandémie, notamment à travers une hausse significative des dépenses en termes de santé et des initiatives en faveur du soutien économique et social aux communautés », indique Eramet. L’entreprise travaillera avec plusieurs ONG, associations caritatives ou organismes du secteur de la santé.
Au Gabon, des stations-mobiles de lavage des mains, l’un des gestes d’hygiène les plus efficaces pour ralentir la propagation du Covid-19, ont déjà été installées à Moanda, dans le Haut-Ogooué au Gabon, par la filiale Comilog, spécialisée dans le manganèse.
« Nous sommes confiants dans la solidité de notre situation financière, et dans la capacité de nos équipes à se mobiliser face à cette crise afin d’adapter nos activités industrielles et commerciales avec agilité et rapidité », assure Christel Bories.
Eramet compte notamment sur la reprise de l’activité économique en Chine, le principal consommateur mondial de manganèse et de nickel, les deux étaux phares du groupe.
En 2019, le chiffre d’affaires d’Eramet s’est élevé à 3 671 millions d’euros, en recul de 4 % sur un an. La division Mines et métaux a représenté 77 % des ventes, devant la business unit Manganèse (48 %) et la division Alliages à haute performance (23 %).
Les comptes d’Eramet à nouveau dans le vert grâce au manganèse gabonais
Pour rappel, groupe minier français, Eramet est implanté au Gabon depuis 1962, via sa filiale la Compagnie Minière de l’Ogooué (Comilog), qui est aujourd’hui le deuxième producteur et exportateur mondiale de manganèse. En 2019, l’entreprise a produit et exporté 4,7 millions de tonnes de ce minerai pour l’essentiel tirée d’une seule mine située à Moanda dans la province du Haut-Ogooué (sud-est du pays). La Comilog comptait pour la première fois dépasser en 2020 les 5 millions de tonnes, un objectif qui ne pourra être atteint en raison de la contraction de l’économie mondiale liée à la pandémie de Covid-19.
Selon les analystes, si les comptes d’Eramet sont repassés dans le vert à partir de 2018 après plusieurs années de marasme, c’est largement grâce au manganèse exploité au Gabon qui tire vers le haut les comptes du groupe « en raison de la remontée d’une partie de la trésorerie de la Comilog vers la maison-mère Eramet, ce qui créé des crispations avec les autorités gabonaises », explique un analyste.
Actuellement, l’Etat gabonais est actionnaire de la Comilog à hauteur de 28,9 % (contre 63,7 % pour Eramet). Il souhaiterait porter cette participation entre 32 et 35 % à la faveur de la révision de la convention de concession avec le groupe minier français. Des discussions avaient été amorcées en ce sens dès 2018 sous la supervision des présidences gabonaise et française (l’Etat français étant présent au capital d’Eramet, seul groupe minier hexagonal, via Bpifrance Participations à hauteur de 25,7 % contre 37,06 % pour la famille Duval). Celles-ci seraient, selon différentes sources, toujours en cours.







