Christel Bories, PDG d’Eramet : « nous comptons bien continuer à avoir une collaboration positive avec l’Etat du Gabon »

Christel Bories, la PDG d'Eramet, entourée par les équipes de sa filiale gabonaise, la Comilog, début avril 2018. Source : compte Twitter @GroupeEramet – © DR

Christel Bories, la PDG d’Eramet, maison mère de la Comilog, était au Gabon ce weekend pour assister à la cérémonie de remise des diplômes de la première promotion de l’Ecole des Mines et de la Métallurgie de Moanda (E3MG), fruit d’un partenariat public-privé entre le groupe minier français et l’Etat gabonais. A cette occasion, elle s’est livrée à nos confrères de Gabonreview.com. Une interview instructive qui permet de dissiper les nombreuses rumeurs et les malentendus. Voici ce qu’il faut en retenir.  

C’est une longue interview qu’a donnée Christel Bories au site d’information en ligne Gabonreview.com. Celle-ci a le mérite de dissiper un certain nombre de bruits et de rumeurs qui ont circulé ces derniers temps au sujet de la Comilog.

Christel Bories insiste d’ailleurs sur ce point. Les relations entre Eramet et l’Etat gabonais sont au beau-fixe. Il n’y a pas de dissensus, ni même « de négociation en cours actuellement avec l’État gabonais », indique la PDG d’Eramet. « On a un partenariat depuis longtemps avec l’État gabonais qui est actionnaire de la Comilog et qui est évidemment très actif au conseil d’administration du groupe et toutes les décisions de la Comilog se prennent en accord avec tous les administrateurs représentés au conseil. Le dialogue est permanent », précise Christel Bories.

Elle revient plus tard sur ce point. Il n’y a pas de « climat de malaise entre le Gabon et le groupe », martèle-t-elle. « La Comilog a augmenté sa production pour arriver au niveau où elle est aujourd’hui avec 4 millions de tonnes et une position de leader sur le marché du manganèse. Cela s’est fait en harmonie entre l’État gabonais et Eramet. Et nous comptons bien continuer à avoir une collaboration positive puisque nous avons des projets de développement significatifs pour la Comilog. Notamment, l’augmentation de sa production, des investissements extrêmement importants, et pour cela, évidemment, nous avons besoin de continuer à avoir une bonne coopération, un climat serein entre le Gabon et la Comilog, le Gabon et Eramet », déclare Christel Bories.

Un démenti cinglant aux nombreuses rumeurs qui circulent dans les médias ces derniers temps. « Vous savez dans la presse, on dit beaucoup de choses. Il y a des choses qui sont justes et d’autres qui ne le sont pas. Nous essayons de nous extraire de toutes les rumeurs et de ce qui peut s’écrire dans les journaux. Nous n’allons donc pas sur-réagir aux informations qui sont données », prévient Christel Bories.

La PDG d’Eramet s’est dite par ailleurs ouverte à une montée du Gabon au capital de la Comilog. « Si l’État gabonais le souhaitait, ce sont des discussions que nous pourrions rouvrir« , déclare-t-elle avant d’insister à nouveau : « nous sommes ouverts dans l’hypothèse où l’État gabonais voudrait reprendre les discussions en vue de lui permettre de monter jusqu’à 35 % du capital selon les modalités prévues dans la précédente convention. » En vertu de cette dernière signée en 2010 et qui a expiré en 2015, le Gabon avait en effet déjà augmenté sa participation au capital de la Comilog passant de 25 à 29 %.

S’agissant d’une éventuelle prise de participations du Gabon au capital cette fois-ci de la maison mère Eramet, Christel Bories n’y est pas opposée. « Le capital d’Eramet est sur le marché. Il est ouvert. Et si le Gabon veut racheter les actions en bourse d’Eramet, il peut le faire […] Les actions sont en bourse », indique-t-elle.

Sur le montant des investissements consentis par la Comilog, Christel Bories insiste sur leur importance. « Des investissements significatifs ont été fait », déclare-t-elle avant de préciser : « il y a eu l’usine du Complexe métallurgique de Moanda. Ces derniers temps, entre le CIM et le C2M [Complexe Industriel de Moanda et Complexe Métallurgique de Moanda], on a investi beaucoup ces dernières années [en moyenne 30 milliards de francs CFA par an] et nous continuons parce que c’est à l’avantage de toutes les parties prenantes […] », indique la responsable d’Eramet.

S’agissant des perspectives de production pour l’avenir, celles-ci sont fortement revues à la hausse. « Les 4 millions de tonnes produites actuellement ne sont qu’une étape. Nous avons le Projet Comilog 2020 qui consiste à atteindre au moins 30 à 40 % de plus que ce que l’on produit aujourd’hui. Mais ça n’est pas un objectif que nous visons à l’horizon de 30 ans mais à l’horizon 2024-2025. Ça va donc aller très vite », indique Hervé Montégu, l’A-DG de la Comilog, présent lors de l’entretien.

Enfin, reste l’essentiel pour les Gabonais, l’impact sur le développement de leur pays. « Le Complexe métallurgique de Moanda, qui représente un investissement de 180 milliards de francs CFA, a permis d’être à 430 emplois à Moanda pour des personnes qui habitent la province du Haut-Ogooué et qui pour la plupart n’ont jamais travaillé. Ils ont été formés dans une industrie qui est nouvelle en Afrique subsaharienne, c’est la transformation du minerai en produit de type silicomanganèse ou de type manganèse métal. Ce qui n’existe pas en Afrique subsaharienne, à part au Gabon », rappelle Hervé Montégu.

Pour les Gabonais, là se trouve sans doute le principal. Faire en sorte que le manganèse qui se trouve dans leur sous-sol leur profite au premier chef (à travers l’emploi, la formation, etc.) et aide leur pays à se développer (en dégageant les ressources budgétaires nécessaires au financement de projets structurants ayant un impact socio-économique réel).

Pour lire l’interview de Christel Bories dans son intégralité, rendez-vous sur le site de Gabonreview.com à l’adresse suivante : http://gabonreview.com/blog/eramet-comilog-tout-ce-que-vous-avez-toujours-voulu-savoir-avec-christel-bories/