Bonne gestion : Le manganèse rapportera désormais plus d’argent et plus vite au Gabon

De gauche à droite, le ministre gabonais des Mines, le DG de la Comilog et le ministre gabonais de l'Economie jeudi 8 septembre à Libreville © Twitter/Elvis Ossindji

Jeudi 8 septembre à Libreville, le ministre de l’Économie et le directeur général de la Compagnie minière de l’Ogooué (Comilog) ont signé, en présence du ministre des Mines, l’addendum n°2 à la convention minière relative aux modalités de déclaration et de paiement des droits de sortie des minerais de manganèse et dérivés. Concrètement, le Gabon percevra désormais des taxes d’un montant bien plus important sur le manganèse et ses dérivés qu’il exporte et il les percevra beaucoup plus rapidement qu’auparavant.

C’est une question technique. Mais elle va avoir un effet majeur sur les finances publiques du pays.

Ce jeudi 8 septembre, le ministre de l’Economie, Nicole Jeanine Lydie Roboty Mbou, et le directeur général de la Comilog, Léod-Paul Batolo, ont signé, en présence du ministre des Mines, Elvis Ossindji, l’addendum n°2 à la convention minière relative aux modalités de déclaration et de paiement des droits de sortie des minerais de manganèse et dérivés. Jusqu’à présent, le calcul était basé sur une mercuriale totalement obsolète datant de… 2004.

Concrètement, le Gabon percevra désormais des taxes, appelées « droits de sortie », d’un montant bien plus important car celles-ci seront calculées sur la base du prix actuel du manganèse qui a explosé en l’espace de 18 ans. Comme l’a expliqué le directeur général des Douanes, « jusqu’à présent, les droits de sortie (taxes perçues sur les biens exportés, NDLR) étaient calculés sur la base d’une mercuriale qui datait de 2004, une forme de calcul statique. La particularité de ce nouveau mécanisme c’est que nous tenons compte du prix du marché. Donc, il sera déterminé à travers à travers un comité technique et mercuriale. Ainsi, le gouvernement, via le Trésor public, va percevoir des taxes plus importantes en rapport avec le niveau réel du cours du minerai sur le marché international ».

En outre, le Gabon percevra ces « droits de sortie » plus vite, c’est-à-dire avec un recalcul (ou compensation) chaque trimestre et non pas avec un décalage d’un an comme c’était le cas jusqu’à présent. « Dans l’ancien mécanisme, les droits de sortie étaient perçus au temps N+1 (l’année suivante, NDLR). Désormais, c’est une périodicité trimestrielle. Cela permettra à la trésorerie de l’État d’être alimenté à bonne hauteur plus rapidement ».

Cet accord entre l’Etat gabonais et la Comilog, filiale du groupe minier français Eramet, intervient dans un contexte où le Gabon, deuxième producteur mondial de minerai de manganèse à haute teneur (de 45 à 50%) derrière l’Afrique du Sud, prévoit de hisser sa production à 13,5 millions de tonnes par an à l’horizon 2025, à en croire les perspectives contenues dans le document de cadrage macroéconomique et budgétaire pour la période 2023-2025. Ce qui correspondrait à une hausse de production de 3,9 millions de tonnes (40,6 %) par rapport à l’exercice 2021.