1,5 milliard de dollars d’importation de denrées alimentaires par an, la statistique qui inquiète au Gabon

Madeleine Berre, la ministre de la Promotion des investissements et des partenariats publics-privés, lors du premier conseil des ministres du nouveau gouvernement gabonais le 8 mai 2018. Source : DCP.

C’est Madeleine Berre, la ministre de la Promotion des investissements et des partenariats publics-privés, qui a rendu publique hier cette statistique à l’occasion du Forum des investisseurs co-organisé par la Banque islamique de développement et le Fonds gabonais d’investissements stratégiques, organisé les 9 au 10 mai à Libreville.

« Les potentialités d’investissements de notre économie sont vastes, porteuses de croissance et de richesse notamment dans les domaines de l’industrie du bois, de l’énergie ou encore de l’agriculture où, notre objectif reste de réduire la facture globale d’importations ; car nous continuons d’importer près de 1,5 milliard de dollars de denrées alimentaires chaque année », a déclaré Madeleine Berre.

A titre d’exemples, le pays a importé l’année dernière 122,5 millions de tonnes de viandes animales à travers l’Amérique et l’Asie dont 24,2 millions de tonnes de découpes de viande de bœuf et plus de 10 millions de tonnes de viande porcine et 87,7 millions de tonnes de viande de poulet en 2016, selon les statistiques de la Direction générale des douanes et des droits indirects. En outre, il importe chaque année 600 000 tonnes de banane-plantain du Cameroun.

Une situation qui pénalise la création d’emplois et entrave les capacités de reconstitution des réserves de change du pays. « Ceci contribue bien évidemment à réduire nos réserves de change et accentue l’exportation d’emplois qui nous sont nécessaires localement », a précisé la ministre.

Au Gabon, les autorités sont conscientes de ce déséquilibre. D’où leur double action en faveur, d’une part, de l’attraction des investisseurs internationaux dans le secteur agricole et, d’autre part, de l’incitation au retour à la terre des populations. La Caistab, par exemple, a lancé un plan ambitieux visant à développer l’entrepreneuriat des jeunes dans le secteur du café-cacao où les effectifs sont vieillissants.

Le Gabon doit toutefois accélérer le rythme car les enjeux sont importants et multiples. Il s’agit en effet tout à la fois d’accroître l’indépendance alimentaire du pays, de lutter contre la désertification rurale (à travers la création d’activité dans les territoires en droite ligne avec le FID lancé le mois dernier) ou encore de favoriser la création d’emplois. L’agriculture étant en effet l’un des plus intensifs en main d’oeuvre, le pays ne pourra relever ce qui constitue peut-être son principal défi sans s’appuyer sur un secteur primaire fort.