
La Russie verrait-elle d’un mauvais œil l’organisation du One Planet Summit à Libreville les 1er et 2 mars prochain ? L’événement est conjointement organisé par le Gabon et par… la France à laquelle la Russie livre une guerre d’influence sans mercis.
Depuis quelques jours, une campagne très critique à l’égard du One Forest Summit est en cours.
Parmi les relais de cette campagne, dont le but à l’évidence est de ternir l’image de l’événement, les cyber-activistes africains proches du Kremlin figurent en bonne place. A l’exemple de la Gabonaise Laurence Ndong qui s’est fendue récemment d’un tweet qui s’encombre peu de nuances et de subtilités.
#OneForestSummit #OneDeathSummit @mariamalagardis journaliste @libe interdite d’entrée au Gabon malgré un visa délivré par le consulat, pourquoi ? Quid de la liberté de la presse!! Les régimes répressifs empirent toujours. Chaque soutien leur donne des ailes. #Gabon #Dictature pic.twitter.com/gMvHFkAmjO
— Laurence Ndong (@laurylndong) February 22, 2023
Pour cet ancien activiste gabonais qui ont longtemps côtoyé Laurence Ndong, celle-ci est « dans une forme de dérive. » « Laurence est aveuglée par son combat politique (…) On peut certes ne pas partager toutes les options du pouvoir gabonais et même aucune. On peut considérer que tout n’est pas parfait, y compris sur le plan de certaines libertés. Mais dire que c’est une dictature répressive alors qu’on encense par ailleurs la Russie de Vladimir Poutine, ça n’est pas crédible », fait observer cet homme d’une cinquantaine d’années, peu connu pour ménager Libreville.
Un propos qui rejoint ceux de l’essayiste gabonais Marc Mve Bekale, très respecté dans le milieu activiste gabonais. En 2018, celui-ci avait publié une « lettre ouverte » pour critiquer la participation au sommet Russie-Afrique de sa « sœur » Laurence Ndong (lire notre article) et, surtout, dénoncer les propos controversées qu’elle y avait tenu (lire notre article). Des propos peu compatibles avec sa posture revendiquée de défenseure des droits de l’Homme, avait à l’époque fait remarquer l’hebdomadaire Jeune Afrique (lire notre article).
Mais pour cette source française, cette campagne négative contre le One Forest Summit est à relativiser. « D’une part, nous nous y attendions. D’autre part, elle est portée par des gens souvent manipulés dont le niveau de crédibilité et d’influence est faible, pour ne pas dire inexistant », explique-t-elle avec le calme des vieilles troupes.
Qui plus est, souvent, chez ces activistes, les motivations sont moins politiques que personnelles. Beaucoup d’entre eux, en mal de visibilité, tentent de profiter de l’événement pour tenter de réapparaître à la lumière. « C’est souvent moins par conviction que par égo que des personnes font ce genre de tweet », constate un professeur en communication de l’UOB. Mais pour lui, l’essentiel est ailleurs. « Tout ce bruit sur les réseaux sociaux se dissipe au bout de quelques heures, voire quelques minutes. Et le lendemain, on a déjà tout oublié. »
Au final, tout ceci se résume à quelques mots : beaucoup de bruit pour rien.







