Jim Allevinah, Rose Christiane Ossouka Raponda, Huguette Oyini, Reporters sans frontières, Colas, Raymond Ndong Sima… Les tops et les flops cette semaine au Gabon

Jim Allevinah sauveur du Gabon face au Ghana lors du deuxième match de la CAN 2021 © DR

Qui s’est positivement distingué cette semaine au Gabon ? Qui s’est, à l’inverse, négativement illustré ? Nous avons sondé une trentaine de personnalités de toutes sensibilités, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays. Voici leur réponse.

LES TOPS 

Jim Allevinah. Auteur d’un magnifique but à la 88ème minute contre le Gabon lors du 2ème match du groupe C ce vendredi contre le Ghana, l’attaquant du Clermont foot permet aux Panthères d’envisager sereinement la qualification pour les huitièmes de finale (lire notre article). La sélection gabonaise, 2ème du groupe C avec 4 points, affrontera ce mardi le Maroc, en tête du groupe avec 6 points et déjà qualifié.

Rose Christiane Ossouka Raponda. Le premier ministre gabonais engrange les succès à mesure de la mise en œuvre du Plan d’Accélération de la Transformation, initiée début 2021. La construction de routes et d’écoles n’a jamais été aussi forte que durant l’année écoulée. Quant à la régularisation des agents de l’Etat, longtemps serpent de mer de la vie publique gabonaise sur lequel nombre de ses prédécesseurs se sont cassés les dents, le dossier est en passe d’être – enfin – réglé (lire notre article). Sa détermination à appliquer la stratégie anti-Covid, malgré les multiples tentatives d’obstruction devant la Cour constitutionnelle, a également beaucoup impressionné. Méthodique et appliquée, la première femme a occupé le poste de chef de gouvernement au Gabon, pionnière à bien des égards (lire son portrait), se paye même le luxe de s’attirer, malgré leurs divergences, le respect des principaux syndicats du pays (lire notre article). Surtout, elle jouit de l’entière confiance du président Ali Bongo Ondimba.

Huguette Oyini. Entrée chez BGFIBank en 2002 où elle a été directrice de la gestion globale des risques, puis directrice générale adjoint de BGFI Holding corporation chargée de l’efficacité opérationnelle du Groupe, cette gabonaise en a été nommée cette semaine directrice régionale pour l’Afrique centrale (lire notre article). Une nomination qui s’inscrit dans un mouvement plus vaste de réorganisation de ce pôle régional, deux mois après les révélations de l’enquête « Congo Hold Up » mettant en cause le groupe piloté par Henri-Claude Oyima

LES FLOPS

Reporters sans frontières. L’organisation française, souvent critiquée pour son ethnocentrisme et ses prises de position hors-sol, s’est offerte une nouvelle polémique cette semaine au Gabon. Après avoir diffusé une grossière fake news début décembre – alors même qu’elle prétend elle-même lutter, ce qui est cocasse, contre les fausses nouvelles… (lire notre article) -, elle a essuyé un concert de critiques pour avoir pris, de manière pavlovienne et semble-t-il sans réelle connaissance du dossier, la défense du « média en ligne » 7 jours info qui s’est fait sanctionné par la Haute Autorité de la Communication (HAC) suite à la publication d’un article dans lequel il traitait de fou le président de la République. Qu’aurait-on dit si pareille chose s’était passée en France ? N’en déplaise à RSF, le Gabon n’est pas, même s’il est situé en Afrique, une République bananière. Il dispose de règles de droit et, tout comme en France, la liberté d’informer ne s’y confond pas avec le fait d’insulter et de diffamer qui que ce soit, a fortiori le premier personnage de l’Etat.

Colas. L’entreprise française de BTP, filiale du groupe Bouygues, avait facturé les travaux de rénovation du tronçon de route PK5-PK12 long de 7,5 km plus de 10 milliards de francs CFA. Un montant proprement astronomique qui n’a pas échappé aux fourches caudines de la task force sur la dette, mise sur pied sous la supervision de l’ex-coordinateur général des affaires présidentielles Noureddin Bongo Valentin. Résultat, fin décembre, le groupe de BTP a été contraint de revoir totalement sa copie. Celui-ci a accepté de bitumer 10 km supplémentaires pour le même prix (lire notre article). Le coût du km bitumé passe donc de 1,35 milliard à 550 millions de francs CFA. Soit un rabais de… 65 % ! Enorme, tout simplement.

Raymond Ndong Sima. Hospitalisé début janvier à l’Hôpital d’instruction des armées Omar Bongo Ondimba de Libreville après avoir contracté la Covid-19, l’ancien premier ministre ne laissera pas, le moins que l’on puisse dire, un souvenir impérissable au personnel soignant. « Exécrable », « hautain », avec des « exigences de diva » et « ingrat », c’est ainsi que le personnel hospitalier a tour à tour dépeint celui qui est, par ailleurs, la tête pensante du « Copil citoyen », un regroupement d’opposants s’abritant derrière le paravent de la société civile et dont l’objectif avoué est d’entraver l’action du gouvernement (lire notre article).