
Debout et par acclamation, le président sortant du Rassemblement pour la patrie et la modernité (RPM), Alexandre Barro Chambrier, a été élu par les délégués de son parti pour un nouveau mandat de cinq ans au terme du premier congrès ordinaire du parti qui s’est tenu ce weekend à Libreville.
Ce weekend, Alexandre Barro Chambrier a-t-il pris une option sur le leadership de l’opposition ?
Certains en tout cas, et pas seulement au sein de son parti, veulent y croire.
Dimanche, ABC, comme le surnomment ses proches, a été réélu président du Rassemblement pour la modernité (RPM) au dernier jour du premier congrès ordinaire du parti qui s’est déroulé dans la salle de l’Arche de l’Alliance au quartier Ambowé du 2 au 4 décembre.
« Notre parti est en ordre de bataille », a lancé fièrement Alexandre Barro Chambrier aux quelques centaines de militants présents dans la salle.
Le RPM, fondé en 2019 sur les ruines du RHM en proie à l’époque à d’importantes divisions (une partie des militants ont rejoint Michel Menga M’Essone), en a profité pour renouveler ses instances. Faustin Bilie By Essone, autrefois secrétaire exécutif du parti, en est désormais un des six vice-présidents. Quant à Célestin Boundzanga, il devient le nouveau secrétaire exécutif.
C’est par acclamation, debout, que les délégués ont réélus ABC. « Un vote sans bavure », fait observer l’un des responsables du parti, qui s’empresse aussitôt d’ajouter dans un sourire entendu : « c’est loin d’être le cas partout ». Une pique à peine voilée à l’endroit de l’Union nationale (UN), dont la présidente, Paulette Missambo élue avec une toute petite voix d’écart sur 642 votants le 13 novembre 2022, face à Paul-Marie Gondjout qui, depuis, a créé un schisme au sein du parti qui a donné naissance à une nouvelle formation, l’Union nationale initiale (UNI).
A l’instar d’autres figures de l’opposition, Gondjout, étaient présents lors du congrès du RPM (lire notre article). Une situation qui contraste avec celle de l’UN de Missambo qui, la semaine dernière, tenait son propre congrès. « Hors membres du parti, il n’y avait personne d’autre. Aucune figure politique notable de l’un ou l’autre des principaux partis (de l’opposition) », raille un lieutenant d’ABC.
Entre les deux formations, c’est de bonne guerre. Il faut dire que Paulette Missambo et Alexandre Barro Chambrier en sont convaincus, c’est entre eux deux que se jouera la bataille pour le leadership de l’opposition en 2023. Et cette fois-ci, le président du RPM n’est pas disposé à laisser passer sa chance.
En 2016, quelques mois avant l’élection présidentielle, Alexandre Barro Chambrier, président à l’époque du Rassemblement héritage et modernité (RHM), avait mis en sourdine ses ambitions personnelles pour se rallier à l’ancien président de l’Assemblée nationale, Guy Nzouba-Ndama, qui, lui-même, avait fini par se désister au profit de Jean Ping.
Cette fois-ci, malgré ses déclarations publiques appelant à l’unité, Barro Chambrier, un ex-baron du PDG dont la famille a prospéré sous le régime d’Omar Bongo, n’a pas l’intention de s’effacer. Au profit de qui que ce soit. Missambo et ses proches sont prévenus.
Lire également à ce sujet notre analyse.







