
A l’instar de nombre de ses collègues au gouvernement, le ministre de l’Energie, Pascal Houangni Ambouroue, a lui aussi fait part, dans une déclaration publique, de sa consternation face aux propos polémiques d’un député français, Bruno Fuchs, qui, ce mercredi avait déclaré que « le chef de l’État (gabonais) n’est plus en mesure de présider son pays depuis 18 mois en raison de son état de santé ».
« Au moment où la réciprocité s’impose de plus en plus comme le nouveau postulat qui régit les relations entre les États Africains et la France sous l’impulsion du président Macron, je suis estomaqué de voir avec quelle légèreté un acteur politique dépositaire de la souveraineté de sa base électorale parle de l’Afrique et ses chefs d’Etats. A croire que la fonction présidentielle, sacralisée en Occident, devient banale lorsqu’il s’agit de l’Afrique », a déploré le ministre gabonais de l’Energie.
Celui qui, avant de devenir ministre, a été élu député du 1er arrondissement de la ville pétrolière de Port-Gentil en octobre 2018, condamne certes l’écart de langage du député Bruno Fuchs mais dit faire « confiance au Gouvernement français qui (…) ne fera pas écho à cette maladresse diplomatique regrettable ». De fait, l’Exécutif français est en effet sur une ligne diplomatique diamétralement opposée à celle exprimée par la voix de ce député, somme toute très isolée (lire notre article).
Ironie de l’Histoire, Pascal Houangni Ambouroue se permet de donner une leçon d’histoire de France contemporaine à Bruno Fuchs. « Le Président François Mitterrand, grand homme d’État (…) bien que longtemps malade au cours de ses deux mandats n’a jamais publié son vrai bulletin de santé aux français. Mieux cette situation a presque été érigée en secret d’Etat sans que ça ne pose problème dans la vie publique française. Au prétendu nom de la transparence ou de la morale politique pour les dépositaires de l’autorité de l’État, aucun acteur politique français n’a stigmatisé le Président Mitterrand », rappelle le ministre gabonais.
Et celui-ci de conclure, cinglant : « cet acharnement sur le Chef de l’Etat gabonais me paraît inopportune et dangereusement contre-productif pour la bonne marche des liens privilégiés entre les Républiques Sœurs de la France et du Gabon surtout pour les peuples frères de la France et du Gabon. »
A Libreville comme à Paris, l’opinion majoritaire dans les milieux politico-diplomatiques restent la même, comme le rappelle un diplomate en poste dans la capitale gabonaise : « le député Fuchs a perdu une bonne occasion de se taire ».







