Boris Atchoughou, Michael Moussa Adamo, Bruno Le Maire, Guy Nzouba-Ndama, Jean Ping, Willy Aubameyang… Les tops et les flops cette semaine au Gabon

Le nouveau ministre de la Défense, Michael Moussa Adamo, fut ces neuf dernières années l'ambassadeur du Gabon aux Etats-Unis © DR

Qui s’est positivement distingué cette semaine au Gabon ? Qui s’est, à l’inverse, négativement illustré ? Nous avons sondé une trentaine de personnalités de toutes sensibilités, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays. Voici leur réponse. 

LES TOPS 

Boris Admina Atchoughou. Jeudi, un mois presque jour pour jour après sa nomination en conseil des ministres, le nouveau directeur général des Douanes gabonaises s’est rendu pour son premier déplacement sur la zone portuaire d’Owendo, principal pourvoyeur de droits de douanes dans le pays. Il en a profité pour décliner sa méthode afin de réduire la fraude et, corrélativement, augmenter les recettes douanières. Des sanctions contre les agents publics indélicats seront désormais systématiques, a-t-il promis. Un changement de ton et une fermeté bienvenus en cette période de relance économique où chaque denier public compte (lire notre article).

Michael Moussa Adamo. Fidèle parmi les fidèle du président Ali Bongo Ondimba, le ministre de la Défense fut pendant 9 ans (de 2011 à 2020) l’indétrônable ambassadeur du Gabon aux Etats-Unis. Disposant d’un impressionnant carnet d’adresses à Washington, dont il connait tous les rouages et maitrise tous les codes, il est appelé à jouer un rôle déterminant dans le rapprochement entre Libreville et la nouvelle administration Biden dont il connait « intimement » certains des futurs responsables (lire son portrait).

Bruno Le Maire. Répliquant à une plainte qui avait été déposée devant le tribunal administratif de Paris par l’association Éveille-toi Gabon contre l’Agence française de développement (AFD) concernant des prêts accordés en novembre 2017 et en juin 2018 au Gabon, les autorités françaises, emmenées par le ministre de l’Economie, ont, dans un mémoire en défense, catégoriquement refusé de faire droit à cette requête jugée « baroque ». Une première défaite pour ces activistes proches de l’opposition radicale qui, selon les spécialistes du dossier, en annonce une seconde devant le tribunal administratif de Paris qui devrait trancher en février 2021 (lire notre article).

LES FLOPS

Guy Nzouba-Ndama. La pétition pour le retour à la pénalisation de l’homosexualité au Gabon que le leader de la Coalition démocratique de l’opposition (CDO), par ailleurs président du parti Les Démocrates, avait lancé en août dernier a fait un flop. Trois mois plus tard, seules 319 petites signatures ont été récoltées. Cette semaine, c’était la soupe à la grimace du côté de ses partisans, dont beaucoup lui recommandent de renoncer à cette démarche pour se concentrer sur les vraies priorités des Gabonais (lire notre article).

Jean Ping. En se précipitant pour tweeter afin de ne pas laisser le champ libre au président Ali Bongo Ondimba qui venait de féliciter Joe Biden et Kamala Harris pour leur élection à la Présidence des Etats-Unis, l’ex-leader de l’opposition gabonaise s’est pris les pieds dans le tapis. Son tweet a été jugé déplacé à Washington. Plutôt que de se contenter de congratuler les vainqueurs, l’opposant gabonais a déjà fait part de ses requêtes, que d’aucuns qualifient de « fantasmes » (« repenser les relations avec le continent »). Surtout, contrairement au président gabonais, il a omis de féliciter la vice-présidente Kamala Harris. De quoi nourrir le procès en misogynie qui lui est régulièrement fait (lire nos articles ici et ici). Enfin, pour ne rien améliorer, son tweet comporte une faute grossière comme n’ont pas manqué de relever les internautes (« L’Afrique peut être confiant » [sic !]). « C’est ce qui arrive quand on confond vitesse et précipitation », s’est exclamé l’un d’entre eux sur Twitter.

Willy Aubameyang. Sans fonction officielle et encore moins officieuse, le frère de la super-star Pierre-Emerick Aubameyang, a été aperçu parmi le staff de la sélection nationale. C’est le cas également de Catalina Aubameyang et Kevin Lemina. Leur transport, hébergement et restauration, sont par conséquent pris en charge par le contribuable, suscitant la polémique sur les réseaux sociaux cette semaine. Pas de quoi entretenir un climat serein alors que les Panthères s’apprêtent à affronter la Gambie dans une double confrontation qui s’annonce décisive pour la qualification à la prochaine CAN.