« Non à l’homosexualité au Gabon » : La pétition de l’opposition qui fait un flop

La pétition contre la dépénalisation de l'homosexualité au Gabon, lancée par Guy Nzouba-Ndama, a fait un véritable flop © DR

Plusieurs mois après le lancement de la pétition en faveur du retour à la pénalisation de l’homosexualité au Gabon lancée par plusieurs partis membres autour de la Coalition démocratique de l’opposition (CDO) de Guy Nzouba-Ndama, ses responsables ont fait le point cette semaine. Le moins que l’on puisse dire est que l’humeur n’était pas au beau-fixe. Explications.

Moribonde, l’opposition au Gabon n’a, semble-t-il, plus qu’une seule stratégie pour tenter de s’opposer à un pouvoir qui surfe sur son incontestable succès dans la riposte au Covid-19 : tenter de surfer sur des poches de mécontentement populaire.

Après l’avoir fait – de manière franchement irresponsable – suite aux (fausses) rumeurs d’enlèvement d’enfants dans la capitale en janvier dernier, elle a récidivé récemment au sujet de la tentative d’ouverture anticipée – et finalement avortée – des églises. A chaque fois, l’opportunisme – d’aucuns disent le cynisme – de l’opposition a été couronnée d’insuccès.

La question de la dépénalisation de l’homosexualité n’y fait pas exception. Totalement inaudible depuis le début de la crise du Covid-19, l’opposition avait cru y voir une bonne occasion de rebondir en surfant sur la grogne d’une partie de la population. C’était en juillet dernier. Les principaux ténors de ce bord politique (Jean Ping, Zacharie Myboto, Alexandre Barro Chambrier, Guy Nzouba-Ndama…) s’étaient alors succédés à la tribune pour jurer, la main sur le cœur, que cette dépénalisation ne passerait pas. Résultat : la majorité – à de rares exceptions près – ayant affiché une belle unanimité, la loi avait été finalement adoptée sans difficulté, sous les vives félicitations des institutions internationales (ONU, UE, etc.).

Ne voulant s’avouer vaincu, l’opposition avait alors lancé, avec grand fracas, une pétition qui jurait-elle, allait réunir « des centaines de milliers de signatures ». Il est peu de dire que l’on est loin du compte.

319 petites signatures récoltées en trois mois

Cette semaine, les responsables de plusieurs partis membres de la Coalition démocratique de l’opposition (CDO) que préside Guy Nzouba-Ndama, le leader des Démocrates, se sont retrouvés pour faire le point sur la « phase une » de collecte des signatures. Léon Paul Ngoulakia, Vincent Ella Menié, Dominique Nguieno et Berthe Bokoko ont tour à tour pris la parole.

S’ils ont annoncé le lancement d’une seconde phase de récolte de signatures, ils se sont en revanche bien gardés de tirer le bilan de la première phase. Et pour cause, en trois mois, seules 319 signatures ont été engrangées.

Un bilan rachitique, peu propice à susciter l’enthousiasme et créer l’élan nécessaire pour permettre aux promoteurs de cette pétition d’atteindre leur objectif. « Je comprends que certains veuillent sauver la face mais il faut avoir le sens des réalités. Persister quand cela ne sert à rien est inutile », commentait ainsi un militant de la CDO à l’issue de la rencontre.

« On ferait mieux de nous concentrer sur les solutions à apporter aux problèmes du quotidien des Gabonais. En ne nous occupant que de ce genre de sujet, on est condamné à rester encore longtemps dans l’opposition », pestait un autre.

Pour beaucoup, y compris dans les rangs des partis composant la CDO, Guy Nzouba-Ndama et ses alliés feraient mieux de se rendre à la raison. Et faire leur cette locution latine : « Errare humanum est, perseverare diabolicum ».