
Qui s’est positivement distingué cette semaine au Gabon ? Qui s’est, à l’inverse, négativement illustré ? Nous avons sondé une trentaine de personnalités de toutes sensibilités, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays. Voici leur réponse.
LES TOPS
Ali Bongo Ondimba. Semaine faste pour le président de la République. Fort d’excellents résultats sur le front de la lutte anti-Covid (le nombre de contaminations a été réduit à son étiage), il a annoncé mercredi la levée de toutes les mesures restrictives liées à l’épidémie, signant ainsi le retour à la vie normale deux ans après l’apparition des premiers cas positifs au Gabon (lire notre article). Une initiative unanimement saluée, tant du côté de la majorité que de l’opposition. La veille, mardi, le chef de l’Etat a remanié le gouvernement et deux jours plus tard, jeudi, il a nommé un nouveau secrétaire général pour le Parti démocratique gabonais (lire notre article). Parti dont il a célébré samedi devant une foule de 8.000 militants rassemblée au Jardin botanique de Libreville le 54ème anniversaire (lire nos articles ici et ici). Dans son discours prononcé à cette occasion, Ali Bongo Ondimba a, semble-t-il, posé un jalon supplémentaire en vue de sa probable candidature à l’élection présidentielle de 2023 dont il s’annonce comme le grandissime favori (lire notre article).
Steeve Nzegho Dieko. Cet universitaire, formé à Libreville et à Londres, a été nommé jeudi secrétaire général du Parti démocratique gabonais (lire notre article). Une véritable consécration pour ce membre du Bureau politique qui était, jusque-là, 4ème vice-président du Sénat, qui intervient deux jours seulement avant le 54e anniversaire du PDG. Premier natif de la province de l’Ogooué-Ivindo a occupé ces fonctions, il remplace à ce poste Éric-Dodo Bounguendza, nommé une semaine plus tôt en Conseil des ministres Haut-Commissaire de la République.
Félicité Ongouori Ngoubili et Alain-Claude Bilie-By-Nze. Ils sont sans doute les deux principales sensations du remaniement gouvernemental qui a eu lieu mardi (lire notre article et notre analyse). Médaillée d’honneur de la Gendarmerie nationale, Félicité Ongouori Ngoubili, diplomate et ancienne collaboratrice d’Omar Bongo Ondimba, a été nommée mardi ministre de la Défense nationale en remplacement d’un autre diplomate, Michael Moussa Adamo, nommé aux Affaires Etrangères en remplacement de Pacôme Moubelet Boubeya parti, lui, à l’Industrie. Elle est la 3e femme après Angélique Ngoma et Rose Christiane Ossouka Raponda à occuper ce poste longtemps réservé aux hommes (lire notre article). Quant à Alain-Claude Bilie-By-Nze, s’il conserve son portefeuille à l’Energie, il récupère des mains de Madeleine Berre la fonction très stratégique de porte-parole du gouvernement qu’il avait déjà occupée lors de la présidentielle de 2016. Ses qualités d’orateur, son sens de la répartie et sa maitrise des dossiers seront d’énormes atouts dans la perspective de l’élection présidentielle de 2023. Avec Jessye Ella Ekogha, son homologue à la Présidence, avec qui il partage les mêmes qualités mais avec lequel il est aussi très complémentaire, il formera à n’en pas douter un redoutable duo.
LES FLOPS
Guy Nzouba-Ndama. Les Démocrates, parti d’opposition dont il est le président, a fait l’objet ces derniers jours d’une véritable OPA de la part de la majorité. Après Maxime Ondimba, ancien maire de la commune de Medouneu, nommé le 4 mars dernier Haut-commissaire de la République, deux autres de ses membres ont été intégrés mardi au gouvernement à la faveur d’un remaniement. Il s’agit du maire de Mouila, Jean Norbert Diramba, au Tourisme et du député du 1er arrondissement de Tchibanga, Jean-Pierre Doukaga Kassa, à l’Economie numérique. Reste à savoir s’il s’agit d’une OPA hostile ou amicale. Car il se murmure avec insistance que Guy Nzouba-Ndama aurait le profil idéal devenir le prochain vice-président, un poste très convoité resté vacant depuis le limogeage en mai 2019 de Pierre-Claver Maganga Moussavou… (lire notre article)
Raphaël Ntoutoume Nkoghe. Ses ennuis de santé ont provoqué une quasi-mise à l’arrêt depuis septembre 2020 de la Haute autorité de la Communication dont il était le président depuis 2018 malgré un intérim assuré par Jean Louis Mabendi. Depuis ce vendredi, il y a été remédié : Germain Ngoyo Moussavou a été nommé en Conseil des ministres nouveau patron de l’organe de régulations des médias (lire notre article). Il trouvera sur son bureau plusieurs dossiers, en particulier celui de la chaine de télévision France 24 dont la responsabilité, à tout le moins sur le plan moral, est, selon le gouvernement, engagée suite à la diffusion des propos de l’opposant Jean Ping évoquant explicitement la possibilité d’une « guerre civile » au Gabon et appelant implicitement à un « coup d’Etat » (lire notre article).
Me Irénée Mezui Mba. Mercredi à Port-Gentil, cet avocat au Barreau du Gabon a été, aux côtés de deux de ses comparses, placé sous mandat de dépôt par le premier juge d’instruction sur réquisition du procureur de la République près le tribunal de première instance de Port-Gentil. Il lui est reproché d’avoir abusé de la confiance du collectif des ex-employés de la société Sodexo et escroqué la Société gabonaise de raffinage (Sogara) à laquelle il aurait soutiré jusqu’à 700 millions de francs ! Aussitôt, de manière aussi corporatiste que pavlovienne, l’Union des jeunes avocats du Gabon (Ujag), dont Me Irénée Mezui Mba est un membre actif, a protesté. Mais, selon une source proche du dossier, « les éléments matériels de culpabilité en l’espèce sont aussi nombreux qu’accablants », ajoutant que « personne n’est au-dessus des lois, pas même un avocat ! »







