
L’avocat de l’ancien ministre du Pétrole a accordé ce vendredi une interview au grand quotidien gabonais L’Union.
Menacé de mort à l’issue de sa conférence de presse consécutive à une décision de mise en liberté conditionnelle accordée le 11 mars dernier, son client est désormais sous protection policière (lire notre article).
C’est dans ce contexte tendu que Me Gildas Chansel Guissiga, l’avocat de l’ex-ministre du Pétrole, Noël Mboumba, placé en détention provisoire à la prison centrale de Libreville début décembre 2019 dans le cadre de l’opération anti-corruption Scorpion, s’est exprimé dans L’Union.
Revenant sur les déclarations de son client lors de sa conférence de presse, l’avocat rappelle que l’ex-membre du gouvernement « a reconnu avoir exécuté des instructions malveillantes de la part de personnes qui ont profité de leurs positions dominantes », autrement dit des détournements massifs de fonds publics pour un montant équivalant à plusieurs « plusieurs centaines de milliers de milliards de francs CFA ». Sans citer son nom, Noël Mboumba avait semblé incriminer l’ex-directeur de cabinet de la présidence de la République, Brice Laccruche Alihanga (lire notre article).
Quant au fait de savoir si la mesure de mise en liberté provisoire dont M. Mboumba a bénéficié était une mesure faveur (en clair, la contrepartie à des aveux), Me Gildas Chansel Guissiga s’est inscrit en faux. « En droit, la liberté est le principe, la détention l’exception (…) Sur le plan technique, (cette mise en liberté provisoire) n’est pas une prouesse juridique car tous les jours, des avocats sollicitent et obtiennent des juges la liberté provisoire de leurs clients », fait-il observer rappelant que cette décision ne valait pas impunité comme certains ont tenté de l’insinuer.
« La liberté provisoire n’est nullement synonyme d’abandon de charges. L’information judiciaire va se poursuivre et le juge d’instruction se prononcera par ordonnance », a-t-il souligné.
Pour rappel, depuis le lancement de l’opération anti-corruption Scorpion début novembre, une vingtaine d’ex-hauts responsables publics (ministres, dirigeants d’entreprise publique, hauts-fonctionnaires) ont été placé en détention provisoire à la prison centrale de Libreville. Ils sont soupçonnés de détournements massifs de d’argent public, de corruption, de faux et usage de faux ou encore de blanchiment de capitaux.
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