Vidéo / Opération anti-corruption au Gabon : Ou en est l’enquête ? Le procureur de Libreville fait le point

André Patrick Roponat, le procureur de la République de Libreville, a dressé samedi 4 janvier 2019 un bilan précis de l'enquête ouverte dans le cadre de l'opération anti-corruption en cours au Gabon © DR / capture écran

Ce samedi 4 janvier dans la soirée dans une allocution radio-diffusée, le procureur de la République de Libreville, André Patrick Roponat, a fait le point sur l’enquête en cours. 

Hier soir, dans une allocution radio-télévisée, le procureur de la République de Libreville, André Patrick Roponat a dressé un bilan précise à date de l’enquête ouverte dans le cadre de l’opération anti-corruption lancée début novembre dernier.

« S’agissant de l’opération Scorpion visant l’assainissement des finances publiques en République gabonaise, nous sommes à ce jour à 30 interpellations dont 6 personnes mises hors de cause, 4 personnes inculpées mais laissées en liberté provisoire, 20 personnes inculpées et placées sous mandat de dépôt », a indiqué le procureur de la République. « Nous enregistrons également l’émission de deux mandats d’arrêt internationaux, touchant Messieurs Raphaël Nze Minko et Gervais Martial Koulayo Houlpaye », a complété André-Patrick Roponat, précisant aussitôt que « l’émission de mandats d’arrêt internationaux ne signifie pas que les intéressés sont déclarés coupables. Ils bénéficient de la présomption d’innocence »

Pour rappel, une vaste opération anti-corruption a été lancée au Gabon début novembre, conduisant notamment à l’interpellation et au placement sous mandat de dépôt de 20 ex-hauts responsables publics dont d’anciens ministres (Tony Onda Mba, Roger Owono Mba, Noël Mboumbou…), des ex-hauts-fonctionnaires ou dirigeants d’entreprise publique ou d’agences de l’Etat (Renaud Allogho Akoué, Christian Patrichi Tanasa, Ismaël Ondias Souna…). Tous sont des proches de l’ex-directeur de cabinet de la Présidence de la République, Brice Laccruche Alihanga, lui-même interpellé et placé début décembre sous mandat de dépôt à la prison centrale de Libreville.

Dans son discours des vœux à la Nation le 31 décembre dernier, le président Ali Bongo Ondimba a réitéré sa fermeté à l’égard de la corruption et de l’enrichissement illicite. « Ceux qui s’adonneront à des pratiques répréhensibles seront tous sanctionnés sans exception, avec une extrême sévérité », a-t-il tonné, s’adressant aux ministres et aux responsables d’administration, rappelant qu’ils étaient là « pour servir et non se servir ».