[Série] Portrait de Laeticia Diweckou, la nouvelle ministre déléguée au Tourisme, un secteur au potentiel élevé au Gabon

Laeticia Diwekou, la nouvelle ministre déléguée auprès du ministre d'Etat, ministre des Sports et de la Culture, chargé du Tourisme, arrivant au Palais du Bord de mer, siège de la présidence gabonaise, le 7 mai 2018 pour participer à la cérémonie de prestation de serment du gouvernement. Source : DCP.

Qui sont les ministres à suivre dans le gouvernement Issoze Ngondet III qui vient d’entrer en fonction au Gabon ? La Libreville vous livre une série de mini-portraits sur celles et ceux qui retiennent notre attention au sein de la nouvelle équipe gouvernementale.

Le second d’entre eux est consacré à Laeticia Diweckou. La nouvelle ministre déléguée chargée du Tourisme, un secteur clé au Gabon en raison de son potentiel. Elle devra cependant, en parallèle, manœuvrer pour tenter de desserrer la tutelle d’Alain Claude Bilie-By-Nze, l’un des grands perdants de la dernière recomposition gouvernementale.

D’une certaine manière, elle l’est l’archétype du nouveau ministre souhaité par Ali Bongo au moment où il s’est agi de composer le gouvernement Issoze Ngondet III. Laeticia Carmela Diweckou (orthographié « Diweckou » sur les documents officiels quand bien même son nom comporte un « k »), la nouvelle ministre déléguée auprès du ministre d’Etat, ministre des Sports et de la Culture, chargé du Tourisme est une femme, jeune, qui n’a jamais occupé de fonctions ministérielles auparavant.

Cette jeune trentenaire (elle est âgée de 34 ans), tout juste diplômée d’un master 2 en psychologie des organisations de l’UOB délivré en 2017 qui vit à Lambarene dans le Moyen-Ogooué, n’est cependant pas une novice en politique. Au moment de sa nomination comme ministre, Laeticia Carmela Diweckou était secrétaire général du conseil provincial de la jeunesse du Moyen-Ogooué. Elle est également la nièce du suppléant de Rose Rogombe. « Elle baigne depuis toujours dans un environnement politique », explique l’une de ses amies.

Au gouvernement, Laeticia Diweckou pourra compter sur le soutien de Madeleine Berre, la ministre de la promotion des investissements et des partenariats publics-privés, et de Denise Mekam’ne Edzidzie (épouse Taty), la ministre d’Etat chargée de la Santé et de la Famille. « Elles sont en quelque sorte ses marraines », confirme un de ses collègue au gouvernement. Une question de solidarité féminine sans doute. Quoi qu’il en soit, « pour Laeticia, c’est un véritable challenge », commente un de ses autres collègues ministre. C’est peu de le dire et pour trois raisons au moins.

Tout d’abord, il s’agit pour Laeticia Diweckou de la première expérience ministérielle. « Le président Ali Bongo souhaitait faire confiance aux jeunes et aux femmes. Il y a toujours un risque quand on nomme ce genre de personne. Mais si on ne fait rien, les choses ne changeront jamais. On retrouvera toujours les mêmes profils au gouvernement », explique une source proche du Palais du Bord de mer.

Ensuite, Laeticia Diweckou est chargée d’un secteur – le tourisme – qui est l’un des plus stratégiques pour le nouveau Gabon. Il s’agit en effet d’un des secteurs non traditionnels que les pouvoirs publics entendent développer pour accélérer la nécessaire diversification de l’économie. A juste titre car le pays présente un potentiel très élevé en la matière en raison de la richesse de son patrimoine naturelle avec une faune, une flore, une forêt, etc., exceptionnelles. « Tous les ingrédients sont réunis ici pour développer un tourisme haut de gamme », commente un professionnel du secteur. Mais pour y parvenir, les défis à relever sont encore nombreux. Il faut remettre les infrastructures d’accueil et de transport à niveau, faire un effort accru en matière de formation, sans doute faire davantage de marketing pour promouvoir la destination « Gabon ». Autant de chantiers dont devrait se saisir la nouvelle ministre. L’enjeu est de taille car, à la clé, il y a des milliers d’emplois à créer, le secteur touristique étant par nature très intensif en main d’œuvre.

Enfin – et ce sera peut-être la tâche la moins aisée, pour celle que l’on dit davantage politique que politicienne –, Laeticia Diweckou devra tenter d’exister face à son ministre de tutelle, Alain Claude Bilie-By-Nze. Un pari d’autant plus difficile que l’on dit ce dernier revanchard depuis qu’il vient de perdre début mai le portefeuille de la communication et la fonction – hautement exposée – de porte-parole du gouvernement. « Alain Claude devrait se focaliser sur le sport et la culture car il y a plus de lumière médiatique à prendre de ce côté. Mais il pourrait être tenté de lorgner davantage du côté du tourisme afin de ne pas laisser sa ministre déléguée trop brillée », confie un de ses anciens collègues ministre, qui n’a pas été reconduit au sein du gouvernement.

C’est sans doute là que l’expérience politique accumulée par la jeune Laeticia Diweckou lui sera le plus utile. Mais attention car, comme le dit l’un de ses proches, « on aurait tort de la sous-estimée ». Sous ses airs de novice, la jeune ministre pourrait fort se révéler être une redoutable manœuvrière…