[Série 5/6] Lutte contre les inégalités salariales et le harcèlement, accès aux postes de direction, bancarisation… Les propositions chocs du rapport sur l’égalité femme-homme au Gabon en matière économique

Sylvia Bongo Ondimba (à droite) a remis mercredi 30 septembre 2020 au chef de l'Etat un rapport disruptif sur l'égalité femme-homme au Gabon, pays où beaucoup de femmes sont commerçantes © DR

Mercredi 30 septembre, le chef de l’Etat gabonais, Ali Bongo Ondimba, a reçu des mains de son épouse, Sylvia Bongo Ondimba, fondatrice de la Fondation éponyme, une Stratégie de promotion des droits de la femme et de la réduction des inégalités femme/homme. Élaborée par une équipe pluridisciplinaire, celle-ci contient 33 mesures réparties en six domaines (éducation, santé, droit de la famille, politique, économie, violences faites aux femmes) à mettre en œuvre sur une période de 3 ans. L’objectif renforcer les droits des femmes et lutter contre les inégalités entre les genres au Gabon. Des propositions, aussitôt endossées par le chef de l’Etat qui y voit une opportunité pour donner une « nouvelle impulsion » à la Décennie de la femme lancée en 2015. Celui-ci a donné instruction au gouvernement de faire le nécessaire pour les retranscrire en droit et les rendre applicables dans les faits. Voici celles qui concernent la vie politique, domaine dans lequel le Gabon a beaucoup progressé ces dernières années. 

Constat

D’un point de vue juridique, le mari peut s’opposer au travail de sa femme et certains types de travail sont interdits aux femmes (comme le travail de nuit par exemple).

Sur le thème de la participation à l’économie, l’évolution des femmes dans le milieu professionnel est limitée par les stéréotypes et préjugés sexistes qui sont banalisés ainsi que la prévalence du harcèlement auquel les femmes sont confrontées et qui reste insuffisamment encadré par la loi, en dépit d’une loi spécifique sur le harcèlement en milieu professionnel.

Si les entreprises sont enclines à recruter des femmes et qu’il existe une législation encadrant le congé maternité, les femmes demeurent sous-représentées dans les hautes fonctions de direction, au sein des entreprises et dans les postes élevés de la fonction publique d’Etat.

On constate par ailleurs parmi les femmes actives une part importante – et supérieure à celle des hommes – de travailleuses indépendantes, notamment dans le secteur agricole, ce qui bien souvent s’accompagne d’un maintien dans la précarité et l’informel.

Le maintien des femmes dans l’informel implique une inégalité dans l’accès aux services d’assurance sociale et dans l’accès au financement. Pour contourner les difficultés d’accès au financement bancaire conventionnel et financer leurs projets d’investissements, les femmes ont traditionnellement recours aux tontines gérées par des « mères-tontines ».

La digitalisation de ces systèmes de tontines a été initiée dans des pays africains, afin de fluidifier le fonctionnement de la tontine et améliorer l’accès à ce type de financement alternatif.

Recommandations majeures

– Renforcer les dispositifs de prévention et de sanction contre la discrimination et le harcèlement au travail en prévoyant notamment des sanctions pénales en matière de harcèlement moral, et en prévoyant une obligation pour les entreprises de prendre des mesures pour prévenir et sanctionner toute forme de harcèlement.
– Encourager la représentation des femmes aux hautes fonctions dirigeantes et supprimer les écarts de rémunération entre femmes et hommes.
– Faciliter la bancarisation et l’accès aux fonds pour les travailleuses indépendantes en mettant en place une tontine digitale.