[Série 4/6] Comment renforcer encore la présence des femmes dans la vie politique ? Les propositions chocs du rapport sur l’égalité femme-homme au Gabon

Rose Christiane Ossouka Raponda a prêté serment comme premier ministre le 23 juillet 2020. Elle est la première femme au Gabon a occuper cette fonction © DR

Mercredi 30 septembre, le chef de l’Etat gabonais, Ali Bongo Ondimba, a reçu des mains de son épouse, Sylvia Bongo Ondimba, fondatrice de la Fondation éponyme, une Stratégie de promotion des droits de la femme et de la réduction des inégalités femme/homme. Élaborée par une équipe pluridisciplinaire, celle-ci contient 33 mesures réparties en six domaines (éducation, santé, droit de la famille, politique, économie, violences faites aux femmes) à mettre en œuvre sur une période de 3 ans. L’objectif renforcer les droits des femmes et lutter contre les inégalités entre les genres au Gabon. Des propositions, aussitôt endossées par le chef de l’Etat qui y voit une opportunité pour donner une « nouvelle impulsion » à la Décennie de la femme lancée en 2015. Celui-ci a donné instruction au gouvernement de faire le nécessaire pour les retranscrire en droit et les rendre applicables dans les faits. Voici celles qui concernent la vie politique, domaine dans lequel le Gabon a beaucoup progressé ces dernières années. 

Constat

Le paysage politique gabonais est marqué par la présence de femmes à certains postes clés (tels que la présidence du Sénat, ou la Primature et auparavant la Mairie de Libreville) mais ces dernières restent largement sous-représentées parmi les élus de la République au sein du gouvernement.

En effet, au niveau national, dans les deux chambres qui composent le parlement, moins de 20% des sièges d’élus sont occupés par des femmes et au niveau local, seulement 13 % des mairies sont contrôlées par des femmes maires. Si la législation actuelle prévoit des quotas pour les femmes pour les élections et pour les plus hauts postes, ceux-ci ne sont pas respectés en l’absence de décrets d’application.

Les femmes qui s’engagent en politique connaissent également des difficultés liées aux préjugés négatifs et aux campagnes de dénigrement qui se relaient sur les
réseaux sociaux.

En amont de ces problématiques, il est à noter que l’engagement des femmes sur la scène politique demeure insuffisant avec souvent un sentiment d’illégitimité pour ce type de fonction. Face à ces constats, deux types d’initiatives inspirantes ont été identifiées.

En Suisse, des programmes de mentorat institutionnalisés ont permis de renforcer les vocations de celles qui envisageaient de s’engager dans la sphère publique au travers de la politique ou du milieu associatif.

De même, la formation des candidates telle qu’elle est réalisée en Tunisie depuis 2011 permet, pour les femmes engagées en politique, de mieux se préparer aux défis des campagnes électorales et à la prise de fonction.

Recommandations majeures

– Lancer un programme de mentoring pour inciter les jeunes femmes gabonaises à s’engager en politique.
– Mettre en place un Observatoire du droit des femmes au Gabon en charge du suivi des indicateurs sur les avancées en matière de droits des femmes.