
Le Rassemblement Héritage et Modernité (RHM) a clos hier son premier congrès extraordinaire de trois jours. A cette occasion, le parti d’opposition a été rebaptisé.
Il fallait une mesure symbolique pour marquer la rupture avec le passé. Alexandre Barro Chambrier l’a sans doute trouvé.
A l’occasion de son premier congrès extraordinaire les 5, 6 et 7 avril dernier, le président du Rassemblement Héritage et Modernité a pris plusieurs décisions « afin d’impulser une nouvelle dynamique », explique l’un des cadres du parti.
La plus marquante d’entre elle est sans conteste le changement de nom. Le Rassemblement Héritage et Modernité (RHM) a vécu. Vive le Rassemblement pour la Patrie et la Modernité (RPM). « Je vous demande de vous approprier de notre nouveau nom, à le propager afin que l’opinion nous reconnaisse désormais à travers lui », a exhorté Barro Chambrier.
Le congrès a également acté l’adoption d’un nouvel hymne du parti intitulé « La patrie », magnifiant, « l’unité des militants, l’amour de la patrie et la promotion de nos valeurs culturelles et comportant trois couplets et un refrain ».
Pour enfoncer le clou, un nouveau logo a été dévoilé au millier de militants venus à l’hôtel Boulevard de Libreville pour assister au congrès.
Mais Alexandre Barro Chambrier a également souhaité clarifier la ligne. Pas de rapprochement avec le pouvoir, a-t-il réaffirmé. Ceux qui ont franchi le pas, à l’instar de Michel Menga M’Essonne, l’ex-secrétaire général du RHM nommé ministre de l’Habitat en mai dernier, ont été priés de quitter le parti (voir notre article précédent).
Toutefois, pour ce professeur en science politique, le plus dur reste à faire pour Alexandre Barro Chambrier. « On peut dire que ce weekend, le président du RHM – et désormais du RPM – a changé la façade. Mais maintenant, il faut revoir de fond en comble l’intérieur de la maison. Autrement dit, il faut que le RHM se dote d’un programme solide pour espérer pouvoir incarner une véritable alternative. Pour cela, il lui faut élaborer des propositions concrètes sur les sujets de préoccupation des Gabonais. Bref, sortir de la posture facile de la dénonciation du pouvoir actuel », explique ce politologue.
En ligne de mire, évidemment, la présidentielle de 2023. « Alexandre Barro Chambrier y pense et pas qu’en se rasant », confie, sourire aux lèvres, un de ses proches, haut-cadre du RPM. Dans cette optique, une alliance pourrait être nouée avec l’Union Nationale, en perte de vitesse ces derniers temps. Ce weekend, la présence de Zacharie Myboto et de Jean Gaspard Ntoutoume Ayi, deux des piliers de ce parti, au congrès de RHM n’est pas passée inaperçue.







