Prise d’otages de Mandji : La réplique cinglante de Jessye Ella Ekogha aux propos choquants de Maganga Moussavou

Le porte-parole de la Présidence de la République, Jessye Ella Ekogha, lors d'une de ses conférences de presse © DR

Après les propos controversés, pour ne pas dire choquants, de l’ex-vice-président gabonais suite à la tragique prise d’otages ce weekend à Mandji qui s’est soldée par le décès du forcené suite à un échange de tirs avec les gendarmes, le porte-parole du président Ali Bongo Ondimba a réagi, fustigeant le caractère « irresponsable » de tels propos qui relèvent, selon lui, de « petits calculs personnels ». Candidat à l’élection présidentielle, Pierre-Claver Maganga Moussavou, à la peine, est à la recherche d’un second souffle. 

« Au nom de petits calculs personnels, certains n’hésitent pas à souffler sur les braises de la violence et monter la population contre ceux chargés de les protéger », a cinglé Jessye Ella Ekogha sur Twitter. « C’est dans ces situations que l’on distingue l’homme d’État du politicien, le responsable de l’irresponsable », a-t-il ajouté comme pour souligner la différence de comportement en Pierre Claver Maganga Moussavou et le président Ali Bongo Ondimba (voir ci-dessous).

Le weekend dernier, à Mandji dans l’Ogooué-Maritime, un forcené armé a retenu en otages quatre personnes durant 48 heures, exerçant sur eux des violences physiques et psychologiques (voir ci-dessous). Une des otages a même été sexuellement agressée.

Ils ont été libérés grâce à l’intervention du Groupement de gendarmerie après un échange de tirs qui s’est soldé par la mort du forcené. Deux gendarmes ont été sévèrement blessés.

Lundi, Pierre-Claver Mangaga Moussavou a tenu des propos plus que controversés au sujet de cet incident. « Monsieur le président Ali Bongo, abattre un concitoyen même armé, surtout que vous avez réussi à le désarmer, l’abattre comme solution finale pour répondre à ses revendications est une lâcheté pour un chef d’État. Ali Bongo, tu ne mérites donc pas d’être président de tous les Gabonais », a-t-il déclaré, cherchant à politiser et instrumentaliser cette sordide affaire. Pas un mot pour les victimes et leurs familles, ni pour les deux gendarmes blessés durant cette opération. Silence également sur les violences physiques exercées par la victime sur les otages durant deux longues journées.

Face à ces propos « irresponsables » pour reprendre l’expression du porte-parole de la Présidence, de nature à semer le trouble dans l’opinion et dont le véritable objet et de repositionner son auteur dans la course à la présidentielle – « les petits calculs personnel » pointés du doigt par Jessye Ella Ekogha – (lire à ce sujet notre article), le président Ali Bongo Ondimba a, lui choisi d’agir de façon « responsable ».

Ce même lundi, il est allé sur place, à Mandji, au chevet des victimes de cette prise d’otages, s’entretenant longuement avec l’une d’entre eux, répondant au prénom de Philippine. Il s’est également rendu à l’hôpital pour remercier et réconforter les deux gendarmes blessés.

« Ces gendarmes, comme leurs collègues, ont été héroïques. Ils forcent notre admiration et font honneur à notre Nation », a-t-il écrit peu après sur ses réseaux sociaux. Manière de témoigner son soutien inconditionnel à ceux qui donnent leur vie pour protéger la nôtre et rappeler, face aux anti-valeurs prônées par certains qui semblent glorifier une prise d’otages ou une agression sexuelle, où sont les vraies valeurs.