Pourquoi le nouvel ambassadeur de France au Gabon, Alexis Lamek, est attendu au tournant

Alexis Lamek est le futur ambassadeur de France au Gabon © DR

Le Conseil des ministres qui s’est tenu mercredi 11 août sous la présidence d’Ali Bongo Ondimba a donné son accord à l’accréditation du nouvel ambassadeur de France au Gabon. Alexis Lamek prendra officiellement ses fonctions en septembre, en remplacement de Philippe Autié qui ne laissera pas à Libreville un souvenir impérissable. 

« Le gouvernement gabonais a marqué son accord à la demande d’agrément du nouvel diplomate français », indique suivant la formule consacrée le communiqué final du Conseil des ministres du mercredi 11 août.

Alexis Lamek succède ainsi à Philippe Autié qui avait pris ses fonctions en septembre 2018 et qui a fait ses adieux à l’occasion du 14 juillet dernier, jour de fête nationale en France.

Celui-ci laissera un souvenir plus que mitigé. Sous son mandat, le Gabon, qui pourtant ne manque pas d’atout aux yeux de Paris si l’on considère son application dans la lutte contre le réchauffement climatique, la promotion de l’égalité homme-femme ou encore… l’exploitation du manganèse par Eramet, a fini par se détourner de la France. L’importance de l’Hexagone dans l’économie gabonaise ne cesse de décroitre au profit de nouveaux acteurs issus des pays émergents (Chine, Singapour, Inde, Russie, Turquie…). Pire, Libreville est sur le point d’adhérer au Commonwealth, ce qui constitue un véritable camouflet pour Paris.

Parmi les raisons qui ont poussé les Gabonais à tourner les talons figurent sans doute les sempiternelles discours moralistes (à la limite de l’ingérence…) et une propension à discourir beaucoup (dans des domaines éloignées des préoccupations réelles des Gabonais) et à agir peu (dans leurs domaines de préoccupations véritables).

Alexis Lamek parviendra-t-il à inverser la tendance ? Les prochains mois le diront.

L’homme est en tout cas réputé être un diplomate chevronné (il est âgé de 55 ans) et fin connaisseur de l’Afrique. Diplômé de Sciences Po Paris et de l’Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco), il a notamment été ces derniers années représentant permanent adjoint de la France auprès des Nations Unies à New York ou encore directeur des Nations-Unies, des Organisations Internationales, des Droits de l’Homme et de la Francophonie au ministère français de l’Europe et des Affaires Étrangères.

Il devra cependant, contrairement à ses prédécesseurs qui l’ont fait non sans condescendance, éviter de se focaliser sur les seules questions relatives aux droits de l’Homme (ce que son background laisse supposer) au risque de voir l’influence de la France se diluer davantage au profit d’autres puissances.