Nominations au sein des services de renseignement : Ali Bongo assure un meilleur équilibre ethnique et régional

Le président gabonais, Ali Bongo Ondimba, a procédé ce mercredi 10 juillet à une série de nominations au sein des services de renseignement © DR

Par décret en date du lundi 9 juillet, le chef de l’État a procédé à plusieurs nominations au sein des Forces de défense et de sécurité. La direction générale des Contre-ingérences et de la sécurité militaire (B2), la direction générale des Recherches (DGR), comme celle de la Documentation et de l’Immigration (DGDI) ont changé de responsables. Pour la première fois, c’est un non-altogovéen qui pilotera cette dernière, conformément à la volonté du président Ali Bongo Ondimba qui, dans son discours du 8 juin dernier, avait appelé à dépasser les clivages ethniques et régionaux. 

A la tête de la très stratégique Direction de la Documentation et de l’Immigration (DGDI), le service de renseignement de la police, Ali Bongo Ondimba a placé le colonel Alain Djibril Ibaba, un officier myéné de Libreville agé de 46 ans, qui est le fils du général à la retraite Alioune Ibaba, qui fut longtemps le conseiller à la défense et à la sécurité d’Omar Bongo Ondimba. Professionnel unanimement reconnu, il remplacera à ce poste l’Altogovéen Antoine Francis Mbou, nommé inspecteur général de la Police nationale.

Le capitaine de vaisseau Anselme Léopold Délicat pilotera, lui, la Direction générale des contre-ingérences et de la sécurité militaire (DGCISM, plus connue sous le qualificatif de B2). Originaire de la Nyanga (dans le sud-ouest), il prend la suite du colonel Jean-Claude Sipiamo-Berre, nommé à la tête du Conseil national de sécurité.

La Direction générale des recherches (DGR), le service de renseignement de la gendarmerie, sera elle dirigée par le chef d’escadron téké Lanature Onkoni De Ballakulli, qui remplace à ce poste le colonel Hubert Nganga, nommé inspecteur technique de la gendarmerie.

« Ces nominations ont deux objectifs », explique une source haut-placée. « Tout d’abord, assurer une forme de renouvellement générationnel avec des personnalités très compétentes et formées suivant les meilleurs standards internationaux actuels. Ensuite, garantir un meilleur équilibre d’un point de vue ethnique et régional afin de montrer que c’est la nation gabonaise qui compte et non une province en particulier », confie notre sourceDe fait, pour la première fois, le Haut-Ogooué, la province d’origine du président, n’est pas la province à être la mieux servie. « C’est une vraie rupture », assure un ressortissant occidental travaillant depuis bientôt dix ans dans le secteur de la sécurité au Gabon.

Le chef d’état-major général des Forces armées gabonaises (FAG), le général Ferdinand Gaspard Olame Ndong, son homologue au sein des Forces de gendarmerie, le général Jean Ekoua, ainsi que le commandant de la Garde républicaine (GR), Grégoire Kouna, qui occupent les trois plus hauts postes du pays dans le secteur de la sécurité, sont, en revanche, maintenus à leurs postes. « Il est important d’assurer le tuilage avec les générations à venir », indique-t-on en très haut lieu.