Mgr Sévérin Nziengui Mangandza, Jean Eyeghe Ndong, Brice Constant Paillat et Léon Armel Bounda Balonzi, Pierre-Alain Mounguengui, Pierre-Claver Maganga Moussavou, RFI… Les tops et les flops cette semaine au Gabon

Mgr Séverin Nziengui Mangandza est le nouveau vicaire apostolique de Makokou © DR

Qui s’est positivement distingué cette semaine au Gabon ? Qui s’est, à l’inverse, négativement illustré ? Nous avons sondé une trentaine de personnalités de toutes sensibilités, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays. Voici leur réponse.

LES TOPS 

Mgr Sévérin Nziengui Mangandza. La cérémonie d’ordination épiscopale du nouvel évêque de Makokou dans l’Ogooué-Ivindo (nord-est du Gabon) a eu lieu ce samedi en présence de l’archevêque de Bangui, le cardinal Dieudonné Nzapalainga, qui a été reçu mercredi en audience par le président Ali Bongo Ondimba (lire notre article), et de l’archevêque métropolitain de Libreville, Me Jean-Patrick Iba-ba. Me avait été nommé le 6 janvier dernier par le pape François après la démission de Mgr Joseph Koerber, 78 ans (lire notre article).

Jean Eyeghe NdongNommé haut-commissaire à la République en Conseil des ministres le 4 mars dernier, l’ex-chef du gouvernement a prêté serment lundi mars, aux cotés des autres impétrants, au président Ali Bongo Ondimba (lire notre article). L’image de l’ex-plus proche lieutenant de Jean Ping faisant allégeance au chef de l’Etat est un coup très rude porté à l’opposition gabonaise, déjà très affaiblie par ses divisions et ses incessantes querelles de leadership, à un an désormais de l’élection présidentielle.

Brice Constant Paillat et Léon Armel Bounda Balonzi. En dépit de la suppression début mars des mesures liées à la Covid-19, le chef de l’Etat gabonais a décidé de maintenir la gratuité des transports publics urbains prise le 12 avril 2020 au moment de l’apparition des premiers cas positifs au Gabon. TransUrb et Sogatra continuent ainsi à assurer ce service (appelé le « Ngori » par ses usagers) dans les lignes en fonctionnement. La décision a été prise par le président Ali Bongo Ondimba lui-même et annoncée par le ministre des Transports dimanche soir à la télévision (lire notre article). A noter par ailleurs au registre des bonnes nouvelles dans le domaine des transports : la livraison de la première tranche de travaux de la Transgabonaise prévue pour ce mois de juillet. L’annonce a été faite le weekend dernier par le ministre des Travaux publics, Léon Armel Bounda Balonzi (lire notre article).

LES FLOPS

Pierre-Alain Mounguengui. Alors que l’élection à la présidence de la Fédération gabonaise de football (Fegafoot) aura lieu dans moins d’un mois, le 16 avril prochain, et que sept candidatures ont été enregistrées à cette fin, l’actuel titulaire du poste est plus que jamais sur la sellette. Après avoir pris de plein fouet le scandale de la pédophilie dans le milieu du football, celui-ci fait face depuis quelques jours à une autre polémique : l’utilisation des 125 millions de dollars (750 millions de francs CFA) octroyée par la Fifa pour soutenir le football gabonais impacté par la crise de la Covid-19. Vendredi, le célèbre journaliste sportif Freddhy Khoula a publié à ce sujet un post remarqué sur sa page Facebook (lire notre article).

Pierre-Claver Maganga Moussavou. L’ancien vice-président, démissionné de son poste en mai 2019 suite au Kevazingogate, a annoncé cette semaine sa candidature à l’élection présidentielle de 2023 au Gabon. Mais c’est davantage la réaction du PDG que l’on retiendra. Par la voix de son porte-parole, David Ella Mintsa, le parti majoritaire a indiqué qu’il s’agissait moins de l’expression d’une « conviction » que d’une « frustration », et peut-être même d’un double frustration. Car non seulement Maganga-Moussavou n’a toujours pas digéré la perte de son poste de vice-président et de tous les privilèges qui y sont rattachés, lui dont le goût pour les voitures de luxe est connu de tous à Libreville, mais en plus sa déclaration de candidature – heureux hasard ! – intervient quelques jours seulement après la sortie sèche du gouvernement de son fils Biendi, qui occupait le poste de ministre de l’Agriculture depuis 2018 (lire notre article).

RFI. Alors qu’elle avait réussi à s’attirer quelque sympathie en Afrique après que les autorités maliennes ont jeudi suspendu la diffusion de RFI en FM, de même que celle de France 24, la radio française a réussi « l’exploit » d’inverser radicalement la tendance. Vendredi, la radio publique française a publié sur son site internet un article au titre sans équivoque : « Mali : comment continuer à écouter RFI et à regarder France 24 ? » Une incitation en clair à contourner – pour ne pas dire violer – la décision d’un Etat souverain vivement critiquée par les internautes africains. A juste raison. Car, quand bien même il faut se garder de jugements trop excessifs, il est difficile de ne pas voir dans l’attitude de RFI, qui agit de fait en Afrique comme une instance supranationale placée au-dessus des Etats, les scories d’un néo-colonialisme persistant (lire notre article).