Menace de grève générale au Gabon : Le gouvernement tance les syndicats contestataires et poursuit le dialogue avec les organisations réformistes

Le premier ministre, Julien Nkoghe Bekalé © DR

Alors que le gouvernement poursuit son dialogue avec les syndicats réformistes (majoritaires), les organisations syndicales contestataires continuent de dénoncer le projet de réforme du Code du travail qu’elles qualifient de « capitaliste » et d’« esclavagiste » et menacent de déclencher à partir de demain, jeudi, une grève nationale de quatre jours. Une attitude vivement dénoncée par le gouvernement. 

Coup sur coup, deux pointures du gouvernement se sont fendues d’un tweet d’avertissement sur les réseaux sociaux.

Tout d’abord, le premier ministre. « La démocratie n’est pas synonyme d’anarchie. Le développement d’un pays se fait dans le respect des autorités établies et de l’ordre public », a cinglé hier sur son compte Twitter Julien Nkoghe Bekalé.

Quelques heures plus tard, au tour du ministre des Affaires étrangères, de faire passer un message sur ce même réseau social. « La stratégie du chaos ne peut être la seule réponse à la crise dans notre pays. Ceux qui font ce choix doivent savoir que le chaos n’est pas une obligation. Il engendre au contraire une violence qui s’installe durablement. Le dialogue, rien que le dialogue (…) N’exister que par contestation peut être une option de vie, mais contester n’a jamais rien construit. Je le redis, le chaos n’est pas une obligation », a averti Alain Claude Bilie-Bye-Nze.

Pour ce professeur en droit social de l’UOB, spécialiste des syndicats, les organisations contestataires utilisent une stratégie habituelle. « Minoritaires, les syndicats contestataires tentent de combler leur manque de représentativité par un surcroît de visibilité. Ils multiplient par conséquent les conférences de presse afin que leur messages soient relayées par les médias et amplifiés », expliquent l’universitaire.

Selon lui, le manque de représentativité de certains syndicats proviendrait du fait qu’« il y a, d’une part, un mélange des genres entre revendications syndicales, légitimes, et politiques, qui ne rentrent pas dans le mandat de ces organisations » et que « d’autre part, ces organisations sont perçues comme conservatrices alors que les Gabonais ont conscience qu’il faut fluidifier le marché du travail pour en favoriser l’accès, notamment chez les jeunes. »

En attendant, le ministre du Travail, de la Fonction publique, chargé du dialogue social, Madeleine Berre, qui poursuit le dialogue avec les organisations réformistes, a tenu à rassurer en début de semaine sur la révision du Code du travail.

« Soyez rassurés, c’est un projet qui renforce les droits du travailleur et qui, bien au contraire, ne les précarise pas. Nous avons renforcé les différents modes de contractualisation des emplois et la sécurité des emplois journaliers hebdomadaires. Nous avons introduit des évolutions afin de tenir compte de la réalité des emplois dans le secteur privé, à l’instar des contrats saisonniers qui renforcent les droits de ceux qui, auparavant, allaient de CDD en CDD, une situation de précarité inacceptable », a déclaré Madeleine Berre.