Lutte contre la corruption au Gabon : « Dans l’affaire du kevazingo, le président Ali Bongo a marqué sa volonté de sanctionner tous les contrevenants, quels qu’ils soient » (Julien Nkoghe Bekalé)

Le premier ministre gabonais, Julien Nkoghe Bekalé © DR

C’est ce qu’a déclaré le premier ministre gabonais dans une interview à notre confrère Jeune Afrique à paraître cette semaine. 

« Certains opérateurs (dans le secteur du bois au Gabon) enfreignent les lois et les règlements en vigueur, parfois même avec la complicité d’agents de l’Etat », reconnait le premier ministre.

«S’agissant du kevazingo », poursuit-il, « le gouvernement le considère comme un trésor national dont l’exploitation et l’exportation doivent être soumises à des conditions strictes ».

Abordant ensuite plus largement le problème de la corruption, Julien Nkoghe Bekalé indique que celle-ci « est un mal qui nuit gravement au développement de nos pays. C’est pour cela que le président a décidé de créer un ministère consacré à la promotion de la bonne gouvernance et à la lutte contre ce fléau. Ce portefeuille a été confié à un homme de loi, un avocat reconnu pour son intégrité (Francis Nkéa Ndzigue) », fait-il observer.

Et le premier ministre de conclure ce chapitre en brandissant la menace : « Le gouvernement sanctionnera sans états d’âme ceux qui s’écarteront des principes de bonne gouvernance. »

En la matière, les autorités gabonaises n’ont pas attendu pour passer des paroles aux actes. Dans la récente affaire de la disparition de 353 conteneurs de kevazingo (retrouvés en bonne partie depuis) sur le Port d’Owendo, le vice-président et le ministre des Forêts ont été limogés, 13 hauts-fonctionnaires ont été suspendus et une enquête judiciaire est en cours qui a déjà donné lieu à plusieurs interpellations.