Le président gabonais Ali Bongo Ondimba appelé à la rescousse pour résoudre le conflit à l’est de la RDC

Le président Ali Bongo Ondimba mercredi 21 décembre 2022 au Palais Rénovation à Libreville © Facebook/Présidence Gabon

Le chef de l’Etat gabonais s’entretient ce jeudi 22 décembre à Libreville en tête-à-tête avec son homologue angolais João Lourenço. La veille, il a reçu au Palais Rénovation une délégation rwandaise conduite par le ministère des Affaires étrangères, Vincent Biruta. 

Et si la solution au conflit à l’est de la République démocratique du Congo, qui oppose l’armée régulière au rebelles du M23 que Kinshasa accuse d’être soutenus par Kagali, passait par Libreville ?

Au vu des événements ces dernières heures, c’est ce qui semble se dessiner.

Ce jeudi, le président gabonais reçoit son homologue angolais, João Manuel Lourenço, pour un tête-à-tête. Officiellement, l’entretien doit porter sur les questions bilatérales, mais aussi sur internationales (lire notre article).

En réalité, c’est du conflit à l’est de la RDC, pour lequel Joao Lourenco a été désigné médiateur, qu’il devrait, très essentiellement, être question.

Le tête-à-tête entre les deux chefs d’Etat a lieu au lendemain de la réception par le président Ali Bongo Ondimba d’une délégation rwandaise conduite par le ministère des Affaires étrangères, Vincent Biruta.

« Il n’y a pas de coïncidence de calendrier », commente, de manière cursive, un diplomate gabonais qui ne « souhaite pas en dire davantage ».

Ali Bongo Ondimba est sans doute « la personne idéale », pour reprendre les termes d’un diplomate, pour jouer les bons offices dans ce conflit à l’est de la RDC.

Le président gabonais est à la fois un grand connaisseur des questions de défense (il a été dix ans ministre de la Défense) et l’un des meilleurs négociateurs sur le continent en matière diplomatique. « Il est un interlocuteur recherché sur le continent dès lors qu’il s’agit de résoudre les crises », confirme un ambassadeur occidental en poste en Afrique centrale.

En outre, le Gabon est actuellement (et jusqu’en décembre 2023) membre du Conseil de sécurité de l’ONU et peut donc peser de tout son poids, au plus haut-niveau, sur ce dossier.

Enfin, Ali Bongo Ondimba est bien placé pour faire passer des messages à son homologue rwandais, Paul Kagame. « Les deux hommes entretiennent depuis plus de vingt une relation de confiance et de grande proximité », confirme un proche du président rwandais.

Dans ces conditions, l’actuelle ruée vers Libreville est tout sauf surprenante.