
Suite à la décision favorable rendue lundi 3 février dernier par le tribunal de Libreville dans l’affaire de diffamation l’opposant au directeur de publication du média en ligne Kongossanews, Stive Roméo Makanga, l’ancien vice-président de la République (VPR), président du Parti social-démocrate (PSD), Pierre Claver Maganga Moussavou, a convoqué une conférence de presse vendredi 5 février. Qualifiant le Kévazingogate, qui lui a coûté son poste en mai 2019, de « mensonge d’État », il s’est livré à une violente charge à l’encontre de Julien Nkoghe Belaké, l’ancien premier ministre (janvier 2019-juillet 2020) avec lequel il était à l’époque en rivalité.
Il y avait du monde ce vendredi dans la salle de conférence où la presse était convié pour entendre tonner l’ancien vice-président dont l’honneur a été lavé en justice quatre jours plus tôt (lire notre article).
Pierre-Claver Manganga Moussavou a qualifié le Kevazingogate, l’affaire qui lui a valu d’être remercié en mai 2019, de « mensonge d’État ». « C’est une histoire montée en épingle pour jeter en pâture deux ministres et le VPR », a vitupéré l’ex-VPR, ajoutant que « le Premier ministre -Julien Nkoghe Bekale – a foulé au pied la présomption d’innocence de ces ministres et la solidarité gouvernementale ».
L’ex-chef du gouvernement qui est, selon Pierre-Claver Manganga Moussavou, le principal responsable de sa chute. C’est d’ailleurs à lui qu’il consacre l’essentiel de ses flèches. « J’invite l’ancien Premier ministre, Julien Nkoghe Bekale, à s’expliquer sur ce dossier, à donner sa version des faits », a-t-il lancé comme un défi, en prenant soin de mentionner que, dans cette histoire, « On a abusé le chef de l’Etat ».
Pour rappel, fin février-début mars 2019, près de 5 000 mètres cube de kévazingo, une essence rare et sacrée au Gabon, d’une valeur d’environ 7 millions d’euros, avaient été découverts dans deux sites d’entreposage appartenant à des sociétés chinoises, sur le port d’Owendo, à Libreville.
Une partie des grumes découverts sur le port était chargée dans des conteneurs aux documents falsifiés : y figurait le tampon du ministère des Eaux et Forêts indiquant une cargaison d’okoumé, une autre essence de bois, dont l’exploitation est autorisée.
Après la découverte de ces documents falsifiés, le responsable du ministère des Eaux et Forêts au port et son équipe avaient été arrêtés, soupçonnés d’implication dans ce trafic.
Mais le 30 avril 2019, 353 de ces conteneurs, placés sous l’autorité de la justice, s’étaient mystérieusement volatilisés. 200 containers ont par la suite été retrouvés dans les entrepôts de deux entreprises différentes, toujours dans l’établissement portuaire. Plusieurs hauts-fonctionnaires avaient alors été mis à pied.
Deux à trois semaines plus tard, cette affaire, au fort écho médiatique, avait fait ses premières victimes politiques avec le limogeage, le 21 mai 2019, du vice-président, issu de l’opposition, Pierre-Claver Maganga Moussavou, et du ministre des Forêts, Guy-Bertrand Mapangou.







