« Je ne rejoindrai pas l’opposition car l’opposition au Gabon n’existe plus » (Jean Boniface Asselé)

Jean-Boniface Asselé a réaffirmé l'ancrage de son parti, le CLR, au sein de la majorité présidentielle © DR

Le président du Centre des libéraux réformateurs (CLR) prépare activement la célébration des 25 ans de sa formation dont il entend bien, à 82 ans, conserver les rênes.

Le CLR serait-il tenté de rejoindre l’opposition ? Certains l’espéraient et le pensaient même tant son président, Jean-Boniface Asselé, n’a pas été avare de critiques ces derniers temps vis-à-vis de la majorité présidentielle, camp auquel il appartient bon an mal an.

Election du maire du 4ème arrondissement de Libreville en février dernier, propos acerbes tenus dans son émission « Asselé vous parle » sur la radio Génération nouvelle (propriété de sa famille), double limogeage de sa fille Nicole à la tête de la CNSS et de la SGEPP en juillet dernier, sit-in devant la résidence privée du président Ali Bongo Ondimba dont il est l’oncle maternel en août dernier…, la liste des sujets de dissension entre le patron du CNR et la majorité s’était sensiblement allongée ces deniers temps.

Pourtant, à quelques jours de la date anniversaire, le 14 septembre prochain, Jean Boniface Assélé a souhaité lever toute ambiguïté sur le position de sa formation politique. « Le CNR reste dans la majorité présidentielle », a-t-il déclaré sans ambages.

« Certes », a-t-il ajouté, « j’ai été déçu. Pour autant, nous ne rejoindront pas l’opposition car l’opposition au Gabon n’existe plus. Les gens qui en font partie m’ont encore plus déçu », a-t-il confié, pointant du doigt les divisions et les querelles de personnes

Âgé de 82 ans, Jean Boniface Assélé, un ex-général au caractère bien trempé, n’est pas prêt à céder les rênes de son parti. « On ne laisse pas le pouvoir n’importe comment et on ne le donne pas aussi n’importe comment (…) Je resterai aux commandes du parti jusqu’à la fin de ma vie », a-t-il tonné, douchant ainsi les espoirs de ceux qui espéraient prochainement lui succéder.

Mouvement général de consolidation autour de la majorité présidentielle

La décision du leader du CNR s’inscrit dans un mouvement plus général qui voit nombre de figures de la vie politique gabonaise faire le choix de rester ou de retourner au sein de la majorité présidentielle. C’est le cas notamment de l’ex-premier ministre Emmanuel Issozé Ngondet, de l’ex-ministre du Pétrole Etienne Dieudonné Ngoubou ou encore de l’ex-ministre de l’Eau et de l’Energie Patrick Eyogo Edzang.

Pour ce professeur en science politique de l’Université Omar Bongo de Libreville, ce mouvement de consolidation de la majorité présidentielle au Gabon s’explique par deux facteurs principaux. « Le PDG, qui détient une très large majorité au Parlement, est archi-dominant. L’opposition, elle, est morcelée et affaiblie comme l’a montré son très mauvais score aux élections générales d’octobre dernier. Elle ne représente pas une alternative crédible aux yeux des Gabonais. Du coup, si on veut continuer à faire carrière, mieux vaut rester au sein de la majorité présidentielle », précise-t-il, pragmatique.

Le second facteur explicatif, selon lui, est l’état de santé du président Ali Bongo. « Il y a quelques mois, certains pensaient que le chef de l’Etat ne reviendrait pas. Ils ont du coup été tentés de jouer leur propre carte. Mais ce pari s’est révélé perdant. Le président est bien de retour et, désormais, nombre de figures de la vie politique gabonaise font le chemin inverse en lui faisant de nouveau allégeance », explique ce politologue.