Gabon : Trois policiers interpellés pour racket présumé à Libreville

Dans cette vidéo devenue virale mardi 4 février au Gabon, on voit trois agents de police se partager de l'argent © Twitter/Impression écran

La vidéo de ces trois policiers se partageant de l’argent, manifestement le tribut de leur forfait de la journée, a fait hier mardi le tour des réseaux sociaux au Gabon. 

Ni une, ni deux, l’affaire n’a pas traîné.

Trois agents de la Police gabonaise ont été interpellés hier mardi à Libreville, a indiqué le Haut commandement des forces de police nationale dans un communiqué publié le même jour. Ils ont été arrêtés suite à la diffusion sur les réseaux sociaux d’une vidéo les montrant dans leur uniforme au fond d’une salle se partageant « manifestement » de l’argent.

Aigrefins

Une enquête a aussitôt été ouverte après la diffusion de cette vidéo rapidement devenue virale au Gabon. Ces aigrefins ont rapidement été identifiés, interpellés et mis à la disposition de l’Inspection générale des forces de police nationale. Celle-ci est chargée d’établir les responsabilités individuelles et de prendre les sanctions disciplinaires qui s’imposent, conformément aux lois et règlements en vigueur.

Dans son communiqué, le Haut commandement des forces de police nationale a eu des mots très durs à l’encontre de ces trois agents, condamnant leurs méfaits qui sont « aux antipodes des valeurs professionnelles prônées au sein des unités et services » et qui « jettent l’opprobre sur les forces de police nationale ».

Il rappelle que « les policiers déployés sur la voie publique, dans le cadre de la mission de régulation de la circulation, doivent poser des actes conformes à la loi » et qu’ils doivent en outre « adopter des attitudes sans équivoque mais aussi incarner, à chaque instant, l’autorité de l’Etat, en vue de promouvoir l’image qui fait de la Police un service public respectable et proche du citoyen ».

Mesures de prévention prises par la Préfecture et mise en garde présidentielle

Au Gabon, il ne s’agit nullement d’un précédent. A plusieurs reprises, des policiers véreux ont été confondus. En septembre 2019, deux agents avaient été poursuivis devant les tribunaux. Quelques mois plus tôt, en janvier de la même année, 60 policiers avaient été radiés pour des faits de braquage et racket.

Face à ce phénomène, la préfecture de police de Libreville a pris ces dernières années une série de mesures. Après avoir mis en place une fiche de constat d’infraction en juin dernier, elle a imposé le port d’un gilet d’identification aux agents verbalisateurs dans les communes d’Owendo et d’Akanda. Une expérimentation qui, si elle se révélait probante, pourrait être généralisée à la capitale et à l’ensemble du pays.

Dans sa série de discours des vœux il y a quelques semaines, le président Ali Bongo Ondimba, qui a fait de la lutte contre la corruption l’un de ses principaux chevaux de bataille, a particulièrement insisté sur la nécessité d’exemplarité et de probité pour tout agent dépositaire de l’autorité publique au Gabon.