
Le torchon brûle entre les deux personnalités sous fond de lutte pour le leadership au sein de l’opposition dans la perspective de l’élection présidentielle de 2023.
Il a été piqué au vif. C’est peu de dire que Jean Ping a mal pris les critiques faites à son endroit par Guy Nzouba-Ndama dans une interview donnée cette semaine à nos confrères de Jeune Afrique.
Revenant sur l’AVC du président Ali Bongo Ondimba intervenu fin octobre 2018, le président des Démocrates a jugé incorrecte et déplacée l’attitude de M. Ping à cette occasion. « La maladie d’un homme est suffisamment grave pour qu’on laisse le temps à celui-ci de se soigner. D’autant plus quand il s’agit du président de la République. Il y a un minimum d’égards à avoir », a cinglé Guy Nzouba-Ndama, fustigeant ainsi l’attitude du leader de la CNR qui n’a cessé durant cette période d’appeler à la déclaration de la vacance du pouvoir présidentiel. « C’est comme frapper un homme à terre », fait observer l’un des lieutenants du président des Démocrates.
Hier vendredi, le leader de la Coalition pour la Nouvelle République (CNR) n’a pas manqué de répliquer à ce qu’il considère être une « attaque directe » et « inamicale » à son encontre.
« Ce genre de propos sème la division dans l’opposition. Mais cela ne m’étonne pas de la part de l’intéressé (Guy Nzouba-Ndama) », a commencé par confier Jean Ping au détour d’une conversation avec les membres de la Coordination de l’Ogooué-Ivindo qu’il recevait dans son QG du quartier des Charbonnages dans le premier arrondissement de Libreville.
Ce faisant plus virulent, l’ex-candidat unique de l’opposition a indiqué à ses invités que « cela ne le surprenait guère », M. Nzouba-Ndama étant, selon lui, un « opposant de pacotille. » Jean Ping en veut pour preuve les dernières élections législatives d’octobre 2018 qu’il a appelé à boycotter alors que le président des Démocrates y a participé, permettant même à sa formation de devenir à cette occasion le premier groupe d’opposition à l’Assemblée nationale avec dix députés. « Ce résultat n’est pas dû au hasard », a fulminé Jean Ping, insinuant par là qu’il aurait pu y avoir un accord entre le PDG, le parti majoritaire, et les Démocrates.
Pour rappel, Les Démocrates, parti fondé il y a deux ans par Guy Nzouba-Ndama, a surclassé l’ensemble des partis d’opposition lors des élections générales d’octobre 2018, dont le RPM (ex-RHM) d’Alexandre Barro Chambrier et l’UN de Zacharie Myboto. De ce fait, beaucoup considèrent que M. Nzouba-Ndama est le mieux placé pour être le chef de fil de l’opposition. Sur le déclin, Jean Ping, jugé trop radical et focalisé sur le scrutin perdu de 2016, ne semble plus en mesure de défendre ses chances. D’autant qu’en 2023, date de la prochaine élection présidentielle, l’ex-pilier du régime sous Omar Bongo aura 81 ans.







