
Mari par le succès du sommet extraordinaire organisé cette semaine à Libreville, qui a consacré le grand retour sur la scène internationale d’Ali Bongo Ondimba, l’ex-candidat unique de l’opposition a fini par réagir sur Twitter ce samedi. Un message empreint d’amertume.
« Un constat définitif et accablant est établi aux yeux du monde : Ali Bongo n’est plus en capacité d’exercer le pouvoir usurpé en août 2016 », a tweeté Jean Ping ce samedi.
Un message, symptomatique d’une forme de wishful thinking, pour celui auquel on reproche souvent de « prendre ses rêves pour des réalités ». D’une part, celui-ci est diffusé trois jours après le sommet extraordinaire de la CEEAC ce mercredi à Libreville, qui a consacré le grand retour sur la scène internationale du président Ali Bongo Ondimba, après un an d’absence en raison d’un AVC survenu en octobre 2018 et dont les séquelles se sont largement estompées depuis.
D’autre part, il intervient une semaine après l’annonce de la normalisation des relations entre le Gabon et l’Union européenne. Les deux parties ont purgé fin novembre – début décembre leurs différends issus des événements post-électoraux de 2016. Ces deux dernières années, le Parlement de l’UE a été le seul véritable soutien de Jean Ping. Un soutien sur lequel l’ex-candidat unique de l’opposition ne peut désormais plus compter dans son combat pour « la vérité des urnes ».
Sans soutien extérieur, Jean Ping est également très contesté dans son propre camp politique. Considéré comme dépassé par la jeune garde (notamment le collectif Appel à Agir), il est de plus en plus ouvertement critiqué par les vieux barons de l’opposition, à l’instar de Guy Nzouba-Ndama, le président des Démocrates, premier parti d’opposition à l’Assemblée nationale avec dix députés, avec lequel les relations sont désormais à couteaux tirés.
Confronté à l’hémorragie de ses soutiens de 2016, Ping a ces derniers temps durci son discours. Au point parfois de déraper, comme en septembre et octobre derniers où il a tenu des propos ouvertement xénophobes ou encore début décembre lorsqu’il s’en est pris de façon virulente et avec misogynie à Sylvia Bongo Ondimba.
Pour ce professeur en science politique de l’UOB, l’attitude de Jean Ping n’est nullement surprenante. « C’est un grand classique. Quand vous êtes marginalisé, vous êtes contraint à vous radicaliser pour continuer d’exister », explique l’universitaire qui juge impossible une nouvelle candidature de Jean Ping à l’élection présidentielle en tant que chef de fil de l’opposition.







