Gabon : « Que ce soit Averda ou Clean Africa, ces sociétés ne font pas leur travail. Si ça ne dépendait que de moi, je résilierais leurs contrats » (Léandre Nzué, maire de Libreville)

Le président Ali Bongo recevant, le 2 mai dernier au Palais présidentiel, le maire de Libreville, Léandre Nzué (à gauche sur la photo) @ DR

C’est ce qu’a déclaré à nos confrères de Medias 241 le premier magistrat de la capitale gabonaise, élu en février dernier, qui a fait de la propreté la priorité de son début de mandat.

Léandre Nzué tape du point sur la table. Dans une interview à Média 241, le maire de Libreville a vivement critiqué la gestion des ordures ménagères dans la capitale, confiée à des sociétés privées.

« C’est vrai qu’Averda réclame une dette colossale à l’Etat. Mais je dis que cette société n’a pas rempli son contrat conformément à son cahier des charges. Celui-ci prévoit non seulement la collecte des ordures ménagères, l’entretien des bassins versants et le curage des caniveaux. Le problème, c’est qu’Averda ne s’occupe que de la collecte des ordures ménagères et pas de ses deux autres missions alors qu’elle est payée chaque mois à hauteur de 400 – 500 millions de FCFA pour la totalité des prestations. Ce qui n’est pas normal », a dénoncé le maire de Libreville.

« C’est vrai qu’Averda réclame aux pouvoirs publics le paiement de sa dette. Mais elle n’a pas rempli ses obligations. En ce qui me concerne, que ce soit Averda ou Clean Africa, ces sociétés ne font pas leur travail. Si ça ne dépendait que de moi, je résilierais leurs contrats », a déclaré sans détour Leandre Nzué.

Élu en février dernier à la tête de la capitale gabonaise, M. Nzué a fait de la propreté des rues de Libreville sa priorité. « On peut tout faire. Mais tant que la ville n’est pas propre, les populations ne seront jamais satisfaites », a-t-il indiqué dans son interview. 

« Il faut qu’ils se bougent en haut »

Au Gabon, beaucoup s’interrogent sur l’attitude de l’Etat vis-à-vis de la société Averda, dont la qualité de service est régulièrement décriée par les Librevillois. « Ça n’est pas un gros dossier. Pourquoi les pouvoirs publics ne sont pas capables de le gérer. Cela fait plusieurs années que la situation est ainsi. Les rues de Libreville sont sales. Il faut qu’ils se bougent en haut », réclame Martine, une commerçante vivant dans le 3ème arrondissement de la capitale qui concentre un tiers de la population totale du pays.

Face à la récurrence des problèmes tant dans la collecte que dans le traitement et le recyclage des déchets, beaucoup aujourd’hui au Gabon demandent à ce que soit réservé à Averda le même sort qu’à Veolia, boutée hors du pays en février 2018 suite à une réquisition de la SEEG dont elle a été pendant vingt ans l’opérateur.