Gabon : Nzouba-Ndama et Barro Chambrier boudent une énième déclaration publique de Ping

Jean Ping (au centre en costume bleu au premier rang) après la déclaration de la CNR ce vendredi 2 août à son QG des Charbonnages à Libreville © Facebook/Jean Ping

Ce vendredi 2 août, la Coalition pour la Nouvelle République (CNR), groupement de partis et de personnalités politiques soutenant Jean Ping, a une nouvelle fois demandé que la vacance de pouvoir soit déclarée. Une énième demande de ce type qui, comme les précédentes, n’a aucune chance d’aboutir et qui a mis en lumière les divisions profondes de l’opposition. 

Il n’y avait pas foule ce vendredi au QG de Jean Ping situé dans le quartier des Charbonnages, situé dans le 1er arrondissement de Libreville. L’ancien premier ministre Jean-François Ntoutoume Emane, président du Rassemblement des patriotes républicains (RPR), a lu la déclaration de la CNR au terme de laquelle elle demande la déclaration de vacance du pouvoir.

Une demande qui, à l’instar des précédentes, n’a aucune chance d’aboutir. Mais Jean Ping le sait pertinemment. Et là n’était d’ailleurs pas son objectif. Non, le but principal de la manœuvre était de se replacer dans le centre du jeu. Comprendre, ne pas se laisser déborder par d’autres prétendants à la magistrature suprême en 2023 et conserver d’ici-là son leadership au sein de l’opposition gabonaise.

Mais, le moins que l’on puisse dire est que le pari est loin d’être gagné. Si Zacharie Myboto, le président de l’Union nationale, dont le parti est ressorti très affaibli des élections générales d’octobre 2018, et Jean Eyeghé Ndong, l’ancien premier ministre, étaient présents, tel n’était pas le cas des principales figures de l’opposition.

Alexandre Barro Chambrier, le président du Rassemblement pour la patrie et la modernité (RPM, ex-RHM), s’est poliment fait représenter. Très critique envers la stratégie poursuivie par Ping depuis l’élection présidentielle de 2016, l’ex-ministre tente de négocier un accord avec Charles M’Ba, l’ancien ministre délégué aux Finances d’Omar Bongo, en vue de la présidentielle de 2023.

Quant à Guy Nzouba Ndama, le président des Démocrates, ancien soutien de Jean Ping, il était tout simplement absent et n’a même pas daigné se faire représenter. Leader du principal parti d’opposition à l’Assemblée nationale où il compte douze députés, il estime que Jean Ping a laissé passer sa chance lors de la présidentielle de 2016 et que celui-ci sera trop âgé en 2023 (M. Ping aura 81 ans) pour briguer à nouveau la magistrature suprême.