Gabon : Noureddin Bongo Valentin veut des universités mieux gérées pour des étudiants mieux formés

Noureddin Bongo Valentin entouré de certains de ses collaborateurs © DR

Dans un récent courrier, le coordinateur général des Affaires présidentielles, se faisant le héraut du président Ali Bongo Ondimba, tire la sonnette d’alarme face aux dysfonctionnements actuels au sein de l’Université Omar Bongo (UOB). Il appelle le ministre de l’Enseignement supérieur, Jean de Dieu Moukagni-Iwangou, a plus de rigueur et de fermeté et à prendre enfin ses responsabilités.

Des universités mieux gérées pour des étudiants mieux formés, c’est le sens du courrier adressé le 3 février dernier à la demande du chef de l’Etat par Noureddin Bongo Valentin au ministre de l’Enseignement supérieur, Jean de Dieu Moukagni-Iwangou. Pour ce faire, le coordinateur des Affaires présidentielles attend plus de rigueur et de fermeté en particulier au sein de l’UOB, où certains comportements du recteur Marc Louis Ropivia ne laissent d’interroger.

Le 7 novembre 2019, par arrêté rectoral, ce dernier a nommé sa chargée d’études au poste de conseiller chargé de la Scolarité, alors même que cette nomination est du ressort de l’Exécutif via un décret en conseil des ministres.

Plus grave, dans son courrier, le coordinateur des Affaires présidentielles pointe de graves dysfonctionnements en matière de gestion, à l’instar de la mise en place d’un budget de 500 millions de FCFA pour la célébration du cinquantième anniversaire de l’UOB au moment où, indique-t-il, cet établissement, fleuron de l’enseignement supérieur au Gabon, « est en proie à d’énormes difficultés de fonctionnement»

Une exigence plus forte de transparence et d’efficacité dans l’utilisation des deniers publics

Et Noureddin Bongo Valentin d’inviter, à la demande du chef de l’Etat, le manifestement peu regardant ministre de l’Enseignement supérieur à « commander un audit financier de tous les établissements sous (sa) tutelle au cours des cinq dernières années afin de (lui) en rendre compte », non sans lui rappeler au passage qu’« une politique de tolérance zéro à l’égard de la corruption » est actuellement conduite par le président Ali Bongo Ondimba.

Depuis sa nomination au poste de coordinateur général des affaires présidentielles, en plein déroulement de l’opération anti-corruption Scorpion, Nourredin Bongo Valentin s’est en particulier appliqué, à la demande du président de la République, à remettre de l’ordre dans les affaires de l’Etat dont la gestion ces derniers mois n’a pas toujours été, loin s’en faut, transparentes.

Le héraut du président

Depuis sa nomination à la Présidence, il a commandité (« toujours à la demande du président », selon son entourage), plusieurs audits, comme l’ont confirmé plusieurs sources à La Libreville. « Noureddin (Bongo Valentin) est issu du privé. Et il travaille suivant les canons internationaux les plus rigoureux. Il a une exigence plus forte en matière de transparence et d’efficacité, surtout pour ce qui a trait à l’utilisation des deniers publics », confie une de ses relations de travail qui explique, au passage, que l’intéressé, avare de paroles publiques, « préfère de loin les lumières des lampes de son bureau à celle des médias ».

« S’agissant de l’Université », poursuit ce proche, « Nourredin (Bongo Valentin) est le héraut du président, en ce qu’il se fait l’écho de sa volonté : autrement dit, on doit faire mieux avec ce dont on dispose. Ce qui passe déjà par lutter contre la gabgie et les éventuelles pratiques d’évaporation de l’argent public. Parce qu’au final, ce sont les étudiants qui sont le plus pénalisés. C’est inacceptable pour eux mais aussi pour le Gabon en général car l’économie au XXIème siècle est basée sur la connaissance. Or, sans étudiants bien formés, un pays ne peut pas créer de richesses et garantir sa prospérité », soutient-il, affirmant que « Nourredin (Bongo Ondimba) en a, lui, diablement conscience ». Il ne faut sans doute pas chercher ailleurs les raisons de la missive qu’il a envoyée au ministre Moukagni-Iwangou.